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La fédération des pompiers hostile à la sanction des incendies involontaires

La Fédération nationale des sapeurs-pompiers de France (FNSPF) a demandé mercredi aux sénateurs "de prendre conscience de la portée d'un texte de loi sanctionnant les auteurs d'incendies involontaires menaçant le principe de gratuité des secours", qui doit être débattu au Sénat.

Le document, présenté par le député UMP des Bouches du Rhône Bernard Deflesselles, et soutenu par le gouvernement, permettrait, en cas de feux involontaires "commis dans les bois, forêts, landes, maquis, garrigues, plantations ou reboisements" aux Services départementaux d'Incendie et de Secours (SDIS), d'obtenir le remboursement des frais d'opération de secours auprès de l'incendiaire involontaire.

Il a été adopté hier par l'assemblée.

L'opposition avait voté contre le texte. "Cette proposition de loi est démagogique parce qu’inapplicable. Je ne crois pas aux boucs émissaires, et je crains que ce texte ne remette en cause la gratuité des secours au public", a notamment dit le député socialiste Jean-Paul Bacquet, qui a évoqué les accidents de barbecue.

"Aujourd'hui, lorsqu'une personne commet une bêtise ou une imprudence, son premier geste est d'appeler les secours, si demain l'imprudent risque une sanction pénale et financière, il sera tenté de prendre la fuite sans alerter les secours, et nous devrons faire face à des feux beaucoup plus importants", explique le lieutenant-colonel Eric Faure, vice-président de la FNSPF, institution regroupant l’ensemble des 260.000 sapeurs-pompiers civils.

D'autre part, selon M. Faure, "le manquement à une obligation de sécurité ou de prudence imposée par la loi n'est pas toujours évident concernant l'origine des feux de forêts".

La FNSPF rappelle que la gratuité des secours a été imposée sous Louis XV, en 1733, et que ce principe a toujours été respecté au fil des siècles. A l'époque, il fallait lutter contre le fait que les propriétaires de pompes à bras faisaient payer leur service, et donc que seuls les riches pouvaient acquitter les services de lutte contre l'incendie.

"Les partisans de cette loi disent que les auteurs involontaires des incendies pourront être protégés par leur assurance responsabilité civile, ajoute M. Faure. "Mais quand on sait le prix de certains sinistres, qui nous dit que les assurances ne vont pas modifier leur garanties ?", demande-t-il.

"Ce texte est une porte ouverte contre la gratuité des secours, on risque de se demander bientôt pourquoi ne pas faire payer le bricoleur qui fait une installation électrique défectueuse", estime M. Faure. "A cette logique de sanction financière, nous voulons opposer le vrai besoin que nous avons d'une éducation aux risques", dit-il.

(Avec AFP)

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