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La barge romaine d'Arles reprend vie

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Sortie en 2011 des eaux du Rhône, où elle reposait depuis 20 siècles, la barge romaine d'Arles, classée trésor national, reprend vie dans des ateliers spécialisés à Grenoble avant de retrouver à l'automne le musée d'Arles antique (Bouches-du-Rhône).

Le chaland à fond plat de 31 mètres de long et 3 mètres de large, seul bateau romain complet à 95% répertorié à ce jour, sera exposé dans une nouvelle aile du musée départemental d'Arles, construite spécialement pour l'accueillir.

Le bateau sera placé dans une fosse, simulant la jetée d'un port, et en situation de navigation, avec tous les objets et instruments également retrouvés à bord ou à proximité immédiate par les archéologues.

Ainsi s'achèvera une aventure archéologique hors normes, d'un coût de 10 millions d'euros au total, entamée en 2004, avec la découverte dans les eaux du Rhône, près de l'ancien port romain d'Arles, de cette pièce majeure du patrimoine.

"Conduire et tenir un projet aussi énorme en aussi peu de temps, c'est spectaculaire. Ca sera tendu jusqu'au bout", se félicite Sabrina Marlier, l'archéologue chargée de la coordination du projet.

Pour l'instant, la barge n'a pas encore totalement retrouvé son aspect d'origine. Pour la sortir de l'eau, la transporter à Grenoble afin d'y effectuer les opérations nécessaires à sa conversation, il a fallu d'abord la découper en 10 tronçons de 2 à 4 mètres de long, et la démonter.

Il aura fallu aussi avant de la reconstituer, traiter les pièces de bois.

Toutes, de la plus grande à la plus petite, ont ainsi passé près de huit mois dans d'immenses bacs remplis d'un mélange d'eau et de résine, du polyéthylène glycol, dans les locaux d'Arc Nucléart à Grenoble, une unité du Commissariat à l'énergie atomique (CEA) dédiée à la conservation et la restauration des bois immergés.

Elle ont ensuite été congelées, puis lyophilisées par évaporation de la vapeur de glace contenu dans le bois. "Ce cycle de lyophilisation, qui dure de 1 mois et demi à deux mois, permet d'évacuer l'eau du bois tout en le solidifiant et en conservant son épaisseur", explique Henri Bernard-Maugiron, responsable du projet de restauration à Arc Nucleart.

A ce jour, seule une moitié du bateau, longue de 16 m, a pu être remontée. Installée dans l'atelier d'une chaudronnerie industrielle, la CIC Orio, à Fontaine, dans la banlieue grenobloise, le chaland a déjà retrouvé sa structure.

Pour le maintenir et replacer les flancs avec l'inclinaison d'origine - sa longue immersion l'ayant déformé - il a fallu "socler" le bateau à l'aide, notamment, d'une poutre centrale, placée sous le fond et de colliers en acier. Et construire les instruments de levage adaptés.

C'est le domaine de Pascal Roucheyroux, qui supervise l'opération remontage. Ce chaudronnier, spécialiste de l'installation des téléphériques en haute-montagne, collabore depuis sept ans avec Arc Nucleart pour le "soclage" des épaves antiques.

A ses côtés, des menuisiers travaillent, à la varlope, une immense pièce de sapin, qui servira à remplacer la seule bordée manquante du bateau, tandis que des restaurateurs nettoient les pièces de bois qui doivent venir compléter la structure, sur le fond et les bords.

Une tâche complexe. "Personne n'a jamais remonté un bateau comme cela. C'est un peu comme si on le construisait. Il faut le comprendre dans ses moindres détails techniques", raconte Floriane Helias, une des sept restaurateurs en archéologie travaillant sur le chantier.

Pour éviter toute détérioration, tous les clous d'origine ont été remplacés par des tourillons de bois, qui seront ensuite recouverts d'une tête en résine.

Avant cela, le bateau aura une nouvelle fois été démonté pour être acheminé à Arles et installé définitivement, avec sa pelle de gouverne, son mât de halage, ses cordages d'origine, la vaisselle des marins, ou encore le gros dolium, un vase en terre, qui servait à cuire la nourriture.

Même le bois servant à l'alimenter a été retrouvé. Tout comme la monnaie votive du bateau, un denier républicain en argent, datant de 123 avant JC, retrouvé entre deux morceaux de structure à la proue du chaland. Seul le chargement d'origine - 27 tonnes de pierres! - qui avait coulé avec le bateau sera remplacé par un fac-similé.

afp (image AFP)

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