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Le meurtrier de Lavera condamné à 25 ans de réclusion

La cour d'assises d'appel du Var a condamné vendredi à 25 ans de réclusion criminelle, assortie d'une période de sûreté des deux tiers, un homme reconnu coupable du meurtre de sa compagne à coups de bottes de moto, en juillet 2008 à Lavera (Bouches-du-Rhône).

Les jurés varois, qui ont retenu les circonstances aggravantes, ont également prononcé un suivi socio-judiciaire de 8 ans, assorti d'une peine de 4 ans si les obligations judiciaires n'étaient pas suivies.

A l'énoncé de l'arrêt, l'accusé, un marin-pêcheur de 48 ans, est resté silencieux.

"Au regard de l'horreur du crime et des risques de récidive, je vous demande de condamner Roger Verlangieri à trente ans de réclusion criminelle assortie d'une période de sûreté des deux tiers," avait requis quelque temps auparavant l'avocat général Philippe Guémas.

Le magistrat avait également réclamé un suivi socio-judiciaire de dix ans, assorti d'une peine de sept ans si les obligations judiciaires n'étaient pas respectées.

"On est dans le summum de l'horreur. (...) Je n'ai jamais vu autant d'acharnement sur un visage, on sort de l'humanité la plus élémentaire", a ajouté M. Guémas, évoquant un homme "alcoolique", "drogué", "violent", transformé en "bombe ambulante", après avoir décrit "le massacre" de la victime, Sabine Dinoire, 48 ans, avec qui l'accusé vivait depuis une quinzaine de jours lorsque les faits se sont produits.

En première instance, en janvier 2011, la cour d'assises des Bouches-du-Rhône avait condamné Roger Verlangieri, un marin-pêcheur de 48 ans, à vingt ans de réclusion, assortis d'une rétention de sûreté et prolongés par dix ans de suivi socio-judiciaire avec une injonction de soins.

"Jamais je n'ai voulu donner la mort à mon amie, je n'étais pas dans un état à penser, j'étais sous l'emprise de la drogue," avait déclaré jeudi Roger Verlangieri, en début d'audience, affirmant avoir "des trous de mémoire".

L'accusé ne s'est pas étendu sur le mobile du déchaînement de violence, intervenu à l'issue d'une journée marquée par une forte absorption d'alcool. Il avait d'abord évoqué le fait que la victime devait le quitter, puis qu'elle avait un amant.

Pour les experts, Roger Verlangieri ne "supporte pas d'être abandonné" par les femmes. "Quand il se sent rejeté, il dérape, il est dans un état limite +border line+. Quand il se met à être violent, il ne peut plus s'arrêter, il est animé par une force diabolique", a expliqué le psychologue Michel Delaburthe.

"Il peut aller très loin. ça commence par des gifles dans la gueule, après ce sont des coups de poing" a témoigné une ex-compagne. Pour ces violences conjugales, Verlangieri avait été condamné à 5 ans de prison mais a bénéficié d'une libération conditionnelle.

Son avocate, Me Sophie Arnaud, a confié aux jurés "son impossibilité d'établir une stratégie de défense", avouant ne pas arriver à comprendre son client.

Les parties civiles, par les voix des avocats Mehdia Harbi et Horia Boulfiza, ont regretté pour leur part que "Roger Verlangieri garde secrètes les raisons de son acte", tout en estimant qu'il devait être "écarté de la société".

AFP
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