Atelier de plutonium de Cadarache: décision du Conseil d'Etat sous quelques jours
Publié le :
15/03/2011 à 17h43Par J.Darras
0
Le Conseil d'Etat, saisi par des organisations anti-nucléaires, devrait rendre sa décision dans les prochains jours sur une demande de suspension du démantèlement d'un atelier de plutonium du site du CEA à Cadarache (Bouches-du-Rhône), a-t-on appris mardi auprès de la juridiction administrative.
Après une audience mardi, le juge des référés devrait se prononcer d'ici la fin de semaine ou en début de semaine prochaine, sur le recours des Amis de la Terre et du Collectif antinucléaire 13, qui dénoncent des "incertitudes inacceptables" sur l'avancement du démantèlement de l'Atelier Technologique de Plutonium (ATPu) et les quantités exactes de plutonium présentes.
"Les quantités de plutonium encore présentes sont mal évaluées", a dit mardi Anne Bringault, directrice des Amis de la Terre, à l'issue de l'audience.
"Ces incertitudes inacceptables révèlent l'insuffisance des informations contenues dans l'enquête publique et son étude de dangers de 2008", estiment ces associations.
L'ATPu a fabriqué de 1964 à 2003, à partir de poudres d'oxyde d'uranium et de plutonium, du combustible MOX destiné à alimenter des centrales nucléaires. Le décret de démantèlement du site avait été publié en mars 2009.
En octobre 2009, le Commissariat à l'énergie atomique (CEA) avait informé l'Autorité de sûreté nucléaire (ASN) d'une importante sous-estimation (pouvant atteindre 30 kilos) des stocks de plutonium dans l'atelier. L'incident avait été classé au niveau 2 de l'échelle Ines (qui en compte 7) et déclenché une vive polémique.
Depuis, ces associations évoquent de nouveaux incidents, avec "des quantités de plutonium supérieures" à la dose admissible dans des fûts de l'ATPu.
Le CEA à Cadarache s'est "inscrit en faux" mardi contre ces affirmations: ces "incidents", objets de deux déclarations à l'ASN, concernent des "déchets secondaires d'exploitation" (machines, tenues... utilisés pour les interventions), qui ont pu faire l'objet de différences de comptage, a indiqué à l'AFP le directeur de communication Guy Brunel.
"Entre la poudre de plutonium et ces déchets, il n'y a rien à voir", a-t-il dit, ajoutant que pour le plutonium, le CEA en est toujours aux quantités publiées en octobre 2009.
Sollicitée par l'AFP, la division marseillaise de l'ASN a indiqué qu'elle ne pouvait s'exprimer avant le rendu du délibéré du Conseil d'Etat.
(avec afp)