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Xinjiang: une centaine de morts et de blessés dans des heurts avec la police

Des affrontements d'une grande violence avec la police au Xinjiang, région musulmane du Nord-Ouest de la Chine, ont fait des dizaines de morts et blessés, voire une centaine, selon un groupe de défense des Ouïghours, principale ethnie de la région.

Un gang d'assaillants "armés de couteaux" a attaqué lundi matin un poste de police et des bâtiments officiels dans le district de Shache --ou Yarkand dans la langue ouïghour--, avait annoncé mardi soir l'agence officielle Chine Nouvelle.

Les forces de police ont "abattu des dizaines" d'assaillants "qui s'en prenaient aux civils et aux véhicules", a ajouté l'agence officielle, parlant d'une "attaque terroriste préméditée".

"L'affrontement a fait une centaine de morts et de blessés", a affirmé mercredi pour sa part Dilxat Raxit, porte-parole du Congrès mondial ouïghour, une organisation dont le siège est en Allemagne, citant des sources locales mais précisant ne pas avoir les moyens de vérifier ce bilan.

Chine Nouvelle évoquait, quant à elle, "des dizaines de blessés et de morts, tous des civils", des Ouïghours et des Hans (ethnie majoritaire en Chine).

Parallèlement, le parquet du Xinjiang a engagé des poursuites contre l'économiste ouïghour Ilham Tohti, arrêté en janvier et inculpé de "séparatisme". Sur leur compte officiel sur Sina Weibo, l'équivalent chinois de Twitter, les procureurs ont indiqué avoir engagé des procédures au tribunal d'Urumqi, capitale du Xinjiang, contre Ilham Tohti, "qui est soupçonné de séparatisme".

L'arrestation de l'intellectuel, connu pour ses dénonciations de la répression dont font l'objet les Ouïgours, avait été condamnée par les Etats-Unis, l'Union européenne et les organisations de défense des droits de l'homme.

Le Xinjiang compte plus de neuf millions de Ouïghours, des musulmans turcophones en partie hostiles à la tutelle de Pékin, et dont une frange radicalisée est, selon les autorités, à l'origine de sanglants attentats commis ces derniers mois dans la région et en dehors.

-'Politique extrême'-

D'après une "source proche des événements", citée mercredi par le quotidien officiel Global Times, tout aurait débuté lundi par des contrôles de sécurité ayant mal tourné.

"Les contrôles étaient renforcés en raison d'une foire commerciale, et vers 5 heures du matin, la police a identifié dans la foule des individus porteurs de produits explosifs", a expliqué le quotidien.

"Une altercation s'est produite, des voyous sont parvenus à échapper (aux forces de l'ordre) et ont incité d'autres personnes à venir attaquer les bâtiments gouvernementaux et le poste de police dans la matinée", a-t-il poursuivi.

Des employés d'hôtels et de restaurants à Shache, contactés par l'AFP, ont affirmé ne pas avoir connaissance des incidents de lundi.

"Nous demandons (à Pékin) d'arrêter de déformer la vérité sur l'affaire de Shache", dans laquelle "la Chine ne peut éluder sa responsabilité", a exhorté Dilxat Raxit, faisant état d'un "usage excessif de la force armée" et réclamant "une enquête indépendante".

"Les Ouïghours se soulèvent pour protester contre la politique extrême de la Chine" et "la répression armée par les autorités conduit à des morts et blessés des deux côtés", a-t-il estimé.

Ces affrontements sont survenus à la veille de la fête de l'Aïd el-Fitr --qui marque la fin du ramadan--.

Ils interviennent à la suite d'un attentat-suicide commis en mai sur un marché d'Urumqi, qui avait fait 43 morts, dont les quatre agresseurs, et une centaine de blessés.

Lui-même succédait à une tuerie en mars à la gare de Kunming, dans la province du Yunnan (sud), où 29 personnes avaient été tuées à l'arme blanche et quelque 140 blessées, première attaque de cette ampleur hors du Xinjiang.

En réaction, Pékin --et le président Xi Jinping en tête-- ont annoncé une vaste campagne de lutte antiterroriste, qui s'est traduite par au moins 13 exécutions, des centaines d'interpellations et des condamnations en masse au terme de procès expéditifs.

Mais ces épisodes répétés de violences témoignent des difficultés de l'appareil sécuritaire chinois à empêcher les troubles, constants dans la région depuis des affrontements interethniques meurtriers survenus en 2009 à Urumqi.

Dans ce même district de Yarkand, à 200 km environ au sud-est de la ville de Kachgar, huit assaillants avaient été tués fin décembre par la police dans l'attaque d'un commissariat par des personnes armées de couteaux et d'explosifs.

Des groupes de défense des droits de l'homme estiment que la politique répressive menée par Pékin à l'encontre de la culture et de la religion des Ouïghours alimente les tensions et les violences dans la région.

Les autorités chinoises ont ainsi fortement restreint pour les musulmans du Xinjiang les possibilités d'observer le jeûne du ramadan, auquel fonctionnaires, enseignants et étudiants se sont vu interdire de prendre part.

De nombreux Ouïghours se disent par ailleurs victimes de discriminations et exclus des bénéfices des investissements chinois au Xinjiang.

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