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Juncker livre ses pistes pour que le Brexit "ne stoppe pas" l'UE

Le Brexit "ne peut pas stopper l'UE dans sa marche vers l'avenir", a exhorté le président de la Commission européenne, Jean-Claude Juncker, appelant les dirigeants nationaux à choisir clairement parmi plusieurs scénarios de réformes dévoilés mercredi.

Dans un "Livre blanc" attendu, il a décrit cinq pistes disparates, allant d'une Europe se contentant d'être un marché unique à une plus intégrée qu'aujourd'hui, en passant par une Europe à "plusieurs vitesses" pour dépasser ses divisions.

Le chef de l'exécutif européen n'exprime pas de préférence dans son document d'une trentaine de pages, mais il appelle les pays de l'UE à y puiser des idées pour préparer le sommet du 25 mars à Rome, à l'occasion des 60 ans du traité fondateur de l'Union.

"Rome doit marquer le début d'un nouveau chapitre" pour une "Europe unie à 27", a-t-il estimé, appelant à ce que ce sommet "ne soit pas simplement la célébration d'un anniversaire, mais un acte de naissance" pour sortir du marasme créé par les crises à répétition.

Le Brexit, bien que "douloureux et regrettable, (...) ne peut pas stopper l'UE dans sa marche vers l'avenir", a-t-il lancé devant les eurodéputés réunis à Bruxelles, avant d'évoquer dans l'hémicycle les scénarios de son "Livre Blanc".

L'un suggère notamment que l'Europe se "recentre" sur le marché unique, pour tenir compte du fait que les 27 "ne sont pas capables de trouver un terrain d'entente dans un nombre croissant de domaines".

- Plusieurs vitesses -

Une autre propose au contraire de "faire beaucoup plus ensemble", en élargissant les partages de compétences entre les 27 et en accélérant les prises de décisions de l'UE.

Entre les deux, des voies intermédiaires sont tracées, comme celle d'une Europe à plusieurs vitesses, "où ceux qui veulent plus font plus" ensemble, sans être bloqués par les plus réticents.

Mis à part son rejet d'une "UE réduite à une simple zone de libre-échange", M. Juncker a préféré ne pas prendre position entre les différentes options exposées.

Il a expliqué vouloir d'abord susciter le débat et mettre les Etats membres devant leurs responsabilités, appelant à de "premières conclusions" des 27 en décembre, puis à des décisions concrètes d'ici les élections européennes de juin 2019.

"Avant novembre ou décembre de cette année, pas grand chose ne pourra être décidé à cause des élections en France et en Allemagne", a souligné à l'AFP Janis Emmanouilidis, du Centre de politique européenne, un think tank basé à Bruxelles.

Ensuite, "cela dépendra de la capacité de Paris et de Berlin à trouver une voie de consensus qui ne serait pas seulement le plus petit dénominateur commun" sur l'avenir de l'UE, estime-t-il.

- Sommet post-Brexit -

La France et l'Allemagne n'ont pas caché ces dernières semaines leur préférence pour l'idée d'une Europe "à plusieurs vitesses", afin de ne pas être entravés dans certains projets à cause de l'opposition d'une poignée de pays réticents, notamment dans le domaine de la défense.

M. Juncker, qui avait fait part il y a quelques jours de ses "grands doutes" sur le fait que des pays comme la Hongrie et la Pologne aient les mêmes aspirations que le couple franco-allemand, a admis mercredi les avantages d'une Europe à plusieurs vitesses pour avancer. Mais il a aussi averti que cela pourrait renforcer l'impression "d'un système compliqué", rendant l'Europe "encore plus incompréhensible qu'aujourd'hui" pour les citoyens.

La chancelière allemande Angela Merkel et le président français François Hollande ont prévu de se rencontrer le 6 mars à Versailles pour discuter de l'avenir de l'UE, avec les chefs des gouvernements espagnol et italien, Mariano Rajoy et Paolo Gentiloni.

Après un sommet européen prévu les 9-10 mars à Bruxelles, puis celui de Rome le 25 mars, les dirigeants des pays de l'UE envisagent déjà un autre rendez-vous le 6 avril, mais à 27 cette fois, ont indiqué des sources européennes à l'AFP.

Il s'agit, si Londres déclenche bien comme prévu en mars la procédure de divorce avec l'UE, de définir des "lignes directrices" pour la rude négociation des conditions dans lesquelles s'opérera la sortie du Royaume-Uni.

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