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Grossistes et restauration collective dans le collimateur des éleveurs, Valls attendu dans le Gers

Les éleveurs restaient mobilisés mercredi, menant des opérations de vérification de la provenance des produits chez des grossistes et des acteurs de la restauration collective en Bretagne et en Bourgogne, tandis que le Premier ministre Manuel Valls devait rencontrer des exploitants dans le Gers.

"C'est très exceptionnel que le Premier ministre accepte de nous voir sans le ministre de tutelle", a déclaré à l'AFP par téléphone la présidente des Jeunes Agriculteurs du Gers, Emeline Lafon, qui le verra avec une vingtaine d'agriculteurs en milieu d'après-midi dans le village de Castelnavet.

Ces agriculteurs, qui avaient filtré mardi les accès de Marciac où se déroule le festival de Jazz, réclamaient dans des tracts la démission du ministre Stéphane Le Foll.

"Il ne nous écoute pas. Le Foll, on n'en veut pas", a répété Mme Lafon.

Le Premier ministre était attendu mercredi soir au festival de Marciac dans le cadre de sa tournée dans le département.

"Nous parlerons du Gers. Nous sommes un département pauvre et nous pratiquons la polyculture", a-t-elle dit.

"Avec ces spécificités, nous sommes passés à côté des aides de la PAC car nous ne rentrons pas dans des cases" consacrées à chaque type de production. "Nous avons ainsi été privés de 15 millions d'euros", s'est-elle plainte.

"Là, nous allons essayer de ne pas passer à côté de 100 millions d'euros d'aide", a-t-elle dit, jugeant que les 500 millions autres sur les 600 annoncés la semaine dernière par le gouvernement ne serviront en réalité "qu'au report des charges" des agriculteurs.

En Bretagne, plusieurs centaines d'éleveurs ont visé dans la nuit des grossistes de la restauration collective à Lamballe et Yffiniac (Côtes-d'Armor), y contrôlant l'origine des produits puis incendiant des déchets devant l'un des sites.

- "Une catastrophe" -

A l'appel de la FDSEA et des Jeunes agriculteurs, quelque 350 à 450 manifestants, selon les gendarmes, se sont d'abord rassemblés à Lamballe devant l'entreprise britannique Brake, où une délégation de 15 manifestants a vérifié l'origine des produits.

Les éleveurs sur 50 tracteurs sont allés de nuit sur la quatre-voies RN12 (Rennes-Brest) vers Yffiniac. Ils y ont contrôlé la provenance des stocks de l'usine Stalaven (groupe Euralis), spécialisée dans la restauration collective.

"Nous avons trouvé du confit de canard de Hongrie, de la joue de porc espagnole, de la viande bovine abattue à Rotterdam et engraissée en Italie, c'est une catastrophe", a indiqué Didier Lucas, président de la FDSEA des Côtes-d'Armor.

Les agriculteurs ont déversé devant l'usine une dizaine de bennes de pneus, fumier ou l'électroménager avant d'y mettre le feu, selon les gendarmes.

Le brasier, "gigantesque", selon la gendarmerie, a "gravement endommagé" le poste de sécurité à l'entrée du site.

Une trentaine d'agriculteurs ont également contrôlé des camions frigorifiques sur la RN 164, entre deux grandes surfaces de Rostrenen et Plouguernével.

A Vannes, Lanester et Pontivy (Morbihan), une centaine d'agriculteurs contrôlaient l'origine des produits des magasins Métro et Promocash, grossistes d'alimentation, selon la FDSEA.

A Dijon, une trentaine d'agriculteurs, menés par la FDSEA et les JA de la Côte d'Or, ont visé mercredi matin la restauration collective. Ils se sont rendus dans une cantine d'un centre des impôts, puis sont allés le CHU pour vérifier la provenance des produits utilisés.

En Normandie, quelque 250 agriculteurs, selon les JA de Seine-Maritime, se sont rassemblés dans la zone portuaire du Havre, au poste des douanes pour vérifier la provenance des produits déchargés.

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