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Climat: négociations difficiles au sommet européen de Bruxelles

Les dirigeants européens se préparaient jeudi à des négociations difficiles pour boucler le plan d'action de l'UE sur le climat, qui se veut ambitieux pour l'environnement tout en améliorant la sécurité énergétique de l'Europe.

Ils discuteront aussi du renforcement de la lutte contre Ebola. L'Union européenne a déjà promis près de 600 millions d'euros d'aide et offert des garanties d'évacuation sanitaire aux humanitaires. Mais le Premier ministre britannique, David Cameron, veut voir porter cet effort à un milliard d'euros. Un coordinateur européen de la lutte contre l'épidémie doit aussi être nommé.

Vendredi sera consacré à l'économie et aux moyens de doper la croissance, deux jours après l'investiture de la Commission Juncker, dont la priorité majeure, la lutte contre le chômage, s'appuie sur un plan d'investissement de 300 milliards d'euros que Jean-Claude Juncker s'est engagé à présenter "avant Noël". Cette discussion, entamée à 28, sera suivie d'un mini-sommet de la zone euro.

A la veille de la réunion des chefs d'Etat et de gouvernement, l'Union européenne n'avait toujours pas trouvé d'accord sur son paquet climat, qui s'articule autour de trois objectifs ambitieux proposés par la Commission européenne pour 2030: réduction de 40% des gaz à effets de serre par rapport à 1990, part des énergies renouvelables portée à 27% de la consommation et 30% d'économies d'énergie.

Selon une source européenne, l'objectif en matière d'économie d'énergie pourrait être ramené de 30% à 27%. Une révision à la baisse sous pression britannique, a accusé une source diplomatique. Les Européens doivent présenter un front uni dans la perspective de la conférence mondiale de Paris fin 2015.

"Il n'y a pas encore d'accord, mais les points de vue se sont rapprochés", a assuré un responsable européen, qui s'est dit "confiant dans le fait que nous serons capables de trouver une solution jeudi soir". Mais les Allemands se montrent plus prudents. "Plusieurs questions difficiles doivent encore être résolues. Nous verrons si nous y arrivons", a indiqué une source gouvernementale allemande.

- 'Solidarité et flexibilité' -

"Tous les États membres vont participer à l'effort, en équilibrant justice et solidarité", affirme le projet de conclusions. La question du partage du fardeau est centrale, souligne une source européenne, entre les pays dépendant encore fortement de sources d'énergie fossile, particulièrement la Pologne avec le charbon, ceux qui s'appuient sur le nucléaire comme la France et le Royaume-Uni, d'autres bien engagés dans une transition énergétique comme l'Allemagne avec les renouvelables et le gaz.

Les premiers, souvent des nouveaux membres de l'Est de l'Europe, réclament des compensations pour moderniser leur production d'électricité. La Pologne est à la tête du combat. Son nouveau Premier ministre, Ewa Kopacz, s'était dit prêt début octobre à mettre son véto aux réductions draconiennes des émissions de CO2.

Le niveau d'effort de chacun sera déterminé par le critère du PIB par habitant. Mais dans un contexte de budgets serrés, les riches rechignent à mettre la main à la poche. Les petits pays nordiques ne veulent pas payer, souligne une source européenne.

Un fonds de soutien alimenté par une petite partie (1 ou 2%) des ventes de quotas d'émission devrait être mis en place pour aider les plus pauvres à "moderniser leurs systèmes énergétique". Le plan devrait aussi prévoir de la "flexibilité" sur les deux autres objectifs: énergies renouvelables et efficacité énergétique.

De son côté, l'Espagne veut obtenir de meilleures interconnexions avec les réseaux énergétiques européens. Pour Madrid, on ne peut pas demander des objectifs contraignants sur le climat s'il n'y en a pas pour les interconnexions. Les Espagnols attendent des financements dans le plan Juncker, a indiqué une source diplomatique. Ce sujet, très sensible depuis des années entre Madrid et Paris, est en train d'être "dépassionné", assure une source française.

L'amélioration des interconnexions fait partie des outils pour accroître l'indépendance énergétique de l'UE, un enjeu rendu encore plus crucial par la crise en Ukraine et les menaces sur l'approvisionnement en gaz russe.

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