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Un village de l'Aude se mobilise pour des Britanniques emmurés par leurs voisins

Un jour de colère, des villageois de l'Aude ont pris sur eux de libérer un couple de Britanniques emmurés dans leur maison par des voisins et compatriotes. "Il n'était plus question d'accepter qu'ils continuent à vivre sous leur terreur", lance Jeannot Gach, un retraité de la commune.

Les septuagénaires Faith et John Dyson sont propriétaires depuis 2004 d'une petite maison dans le village de Brugairolles, au coeur du pays cathare en Languedoc-Roussillon. Jeudi dernier, le couple s'est retrouvé emmuré par ses plus proches voisins, Krystina et Robert James Dunlop, apparemment également retraités.

Ces derniers, qui avaient acquis leur maison moins d'un an plus tard, leur reprochent d'avoir pignon sur un bout de voie qu'ils considèrent comme leur propriété.

Sans autre forme de procès, les Dunlop ont dans un premier temps bouché la porte principale et une fenêtre des voisins avec leur camion. Ensuite, ils ont cloué une porte en bois, avec des pieux cimentés dans le sol, pour condamner l'accès de la maison Dyson, obligeant le couple à passer par l'arrière du jardin.

Enfin, raconte M. Gach, un ancien garde républicain, les Dunlop ont tout simplement cloué puis bloqué avec des pierres les volets de la maison des voisins. Et puis ils ont commencé à ériger un mur jusqu'au premier étage.

"Ils ont profité que nous soyons sortis faire des courses pour commencer leur maçonnerie", explique M. Dyson à l'AFP.

"Tout le village s'est réuni hier (lundi). On y est tous allés. On a crié, sifflé contre ces voisins indélicats", sous l'oeil des gendarmes qui surveillaient la manifestation, relate M. Gach, 83 ans.

"Nous avons attendu que l'huissier arrive pour constater ce qu'ils avaient fait", dit-il. "Et après, on a démonté le mur, la porte, dégagé le volet", ajoute-t-il, "ne trouvant pas assez de mots" contre les Dunlop qui voulaient obliger leurs voisins à "vivre dans le noir total".

Pendant le mouvement de solidarité de tous les habitants de ce village agricole aux maisons de pierres, les Dunlop sont restés terrés chez eux.

- Harcelés depuis des années -

"Les Dyson sont harcelés depuis des années et ça s'est accéléré depuis mars dernier", en période des municipales, témoigne le maire Alain Labattut. "Ils sont terrorisés", dit-il, approuvé par une voisine.

John Dyson, de santé fragile, et Faith, son épouse, sont très aimés des 258 villageois, dont une quarantaine de Britanniques. Mais pas les Dunlop, qui se sont aussi heurtés à d'autres voisins.

Les Dunlop sont allés jusqu'à écrire au Parlement européen, dit M. Labattut. "Ils ont aussi contacté la police de Glasgow qui les a réorientés vers la gendarmerie d'ici", ajoute M. Dyson.

Le maire a montré à l'AFP une lettre de 14 pages adressée par les Dunlop à la ministre de la Justice du gouvernement Fillon, Rachida Dati, pour dénoncer "trois attentats à (leur) vie par empoisonnement".

Ils en auraient en tout dénombré "huit", a indiqué M. Dyson qui se sait accusé de trois d'entre eux.

Pour leur part, les Dunlop se sont obstinément refusés à répondre aux questions de quelques journalistes sur place.

A l'AFP, James Dunlop, longue barbe blanche et presque entièrement édenté, a répondu en anglais: "je suis sourd, je n'entends pas ce que vous dites, je suis sourd"... Ce que démentent les villageois.

Face à l'escalade, M. Dyson a finalement contacté un avocat. "Mais c'est très onéreux", dit cet ingénieur à la retraite.

Natif d'Afrique du Sud où il est resté 24 ans, John Dyson a rencontré son épouse Faith, une ancienne secrétaire née au Malawi, avant d'aller travailler en Angleterre. "Je suis venu dans le sud de la France car le soleil de Pietermaritzburg (est de l'Afrique du Sud, Kwazulu-Natal) me manquait", dit-il.

Peu d'informations sont disponibles sur les Dunlop. Ces Britanniques sont parfaitement francophones, selon le village. Lui aurait des origines écossaises et elle, cheveux noirs tirés en arrière, teint pâle et lunettes sombres, polonaises. Ils auraient vécu auparavant dans un village de l'Ariège, Varilhes.

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