Ecouter le direct
AFP
Sports
Actu

La baisse d'impôts en 2016 pourrait atteindre deux milliards d'euros

Une ristourne de deux milliards d'euros, ciblée sur l'impôt sur le revenu: les contours de la baisse de la fiscalité promise par François Hollande en 2016 se précisent, sur fond de casse-tête pour assurer son financement.

Qui bénéficiera des réductions ? A un mois de la présentation du budget, le ministre des Finances Michel Sapin a assuré lundi que les baisses d'impôts concerneront en priorité les "Français les plus modestes", confirmant la piste d'une baisse de l'impôt sur le revenu.

"Le nombre de foyers imposés à l'impôt sur le revenu a considérablement augmenté entre 2010 et aujourd'hui. Il ne me paraît pas anormal de revenir à peu près au même niveau que 2010 (...), c'est-à-dire rendre aux Français les plus modestes une part des efforts qu'ils ont acceptés", a assuré sur France Info M. Sapin.

Quelle sera l'ampleur du geste fiscal consenti par le gouvernement ? D'après le journal Les Echos, la baisse d'impôt pourrait atteindre deux milliards d'euros. Un chiffre que M. Sapin n'a pas souhaité commenter, tout en le confirmant implicitement.

"Faites-nous confiance, il y a des moyens avec les sommes considérables que l'Etat, les collectivités locales, la sécurité sociale dépensent, de trouver deux milliards pour rendre une partie des efforts aux Français les plus modestes", a déclaré le ministre.

Interrogé en marge de son déplacement à Calais lundi, le Premier ministre ministre Manuel Valls a également refusé de confirmer le montant de la baisse, estimant que "ça n'a aucune importance à ce stade tant que les chiffres n'ont pas été annoncés et il faudra patienter quelques jours".

Autrement dit, la primeur d'annoncer le résultat des arbitrages en cours pourrait être laissée au président Hollande lors de sa conférence de presse de lundi prochain.

Le chiffre de 2 milliards d'euros semble néanmoins cohérent puisqu'ajoutés aux 3,2 milliards de baisses intervenant cette année, il correspondrait au pacte de solidarité de 5 milliards d'euros en faveur des ménages qui devait accompagner le pacte de responsabilité (41 milliards d'aides aux entreprises).

"Ca correspond aux annonces du gouvernement. C'est en quelque sorte le solde à payer", souligne Vincent Drezet, secrétaire général de Solidaires Finances publiques, premier syndicat des impôts.

Une réunion devait se tenir lundi à l'Elysée entre le chef de l'État, le Premier ministre et les ministres en charge du Budget pour discuter du cadre exact de la baisse d'impôts.

- Equation complexe -

Selon Thibault Gajdos, directeur de recherche au CNRS, plusieurs solutions techniques s'offrent au gouvernement. Parmi elles: une baisse du taux d'imposition de la première tranche, une augmentation de la décote, ou bien une hausse du seuil d'imposition pour intégrer la première tranche.

"On a entendu parler des demi-parts des parents isolés qu'on pourrait remettre au goût du jour", confie pour sa part Vincent Drezet. Ces demi-parts supplémentaires ont été supprimées pour les parents ayant élevé seul un enfant pendant moins de cinq ans. "Changer à nouveau les règles serait incohérent", souligne cependant M. Drezet.

Quelle que soit la solution retenue, la baisse d'impôt promise par François Hollande impliquera une équation complexe, au vu des engagements européens du gouvernement mais également des entreprises et des Français.

Interrogé sur France Info, Michel Sapin a répété que l'objectif de réduction du déficit public à 3,3% du Produit intérieur brut en 2016 serait tenu. Et a exclu de compenser la réduction d'impôts promise aux ménages modestes par d'autres hausses fiscales.

"Une bonne part des décisions reste encore à prendre", explique M. Drezet, qui regrette le caractère "improvisé" de la baisse d'impôt annoncée. "Il faudrait une réforme plus globale, au lieu de réduire encore l'assiette de l'impôt sur le revenu", estime-t-il.

En 2010, 45,9% des foyers (soit 16,8 millions de foyers) payaient cet impôt, considéré comme le plus juste car progressif.De 2011 à 2013, ce chiffre a augmenté pour atteindre 52,3% des foyers, avant de retomber à 47,5% en 2014, lorsque la première tranche d'imposition (avec le taux d'imposition le plus faible) a été supprimée.

"L'impôt sur le revenu devrait être le pivot du système fiscal. Et au lieu de cela, on continue de l'affaiblir: c'est un impôt +peau de chagrin+", estime M. Drezet.

Retrouvez MARITIMA sur votre Mobile !