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Après un discours apaisé, Donald Trump attendu sur les détails

Donald Trump semblait avoir rassuré le camp républicain et une partie des Américains avec son premier discours devant le Congrès, mais la bataille ne fait que commencer pour concrétiser des grands chantiers encore mal définis dans leurs détails.

"C'était un discours très, très fort" a estimé Ted Cruz, ex-rival des primaires, sur MSNBC mercredi matin. "Il était différent du discours d'investiture, et c'est en partie car il a passé six semaines dans la fonction, cela pèse sur une personne".

"Ce président a été élu par des démocrates, par les travailleurs, les chauffeurs de camions, les garagistes, des hommes et des femmes qui ont les mains calleuses. Il s'est adressé à eux hier soir", a ajouté le sénateur du Texas.

"Il s'est très bien débrouillé", a estimé un autre candidat des primaires, Rand Paul, sur Fox News.

Sur un ton mesuré, citant les anciens présidents Lincoln et Eisenhower et la Bible, Donald Trump a développé sa ligne de "l'Amérique d'abord", mais sans prononcer la fameuse formule.

Il a expliqué aux Américains qu'il entendait relancer l'économie et l'industrie, renforcer la défense, lutter contre la délinquance, expulser plus de clandestins jugés dangereux, et abroger la réforme de la couverture-maladie de son prédécesseur.

Il a aussi tendu la main à l'opposition démocrate, reprenant sa promesse d'un programme de grands travaux de 1.000 milliards de dollars et de congés familiaux payés.

Les sondages sont positifs: 76% des téléspectateurs interrogés par CBS News/YouGov ont approuvé l'allocution, tandis que 70% des téléspectateurs se sentaient plus optimistes après avoir écouté le président, selon une enquête CNN/ORC.

Et, cerise sur le gâteau pour le milliardaire, Wall Street a ouvert en hausse mercredi, se relançant à des niveaux sans précédent, le Dow Jones dépassant pour la première fois 21.000 points.

"MERCI !", a tweeté mercredi matin Donald Trump, qui compte 25,8 millions d'abonnés sur le réseau social.

- Démocrates désarmés -

Au Congrès, l'opposition démocrate a été comme désarçonnée. Les élus étaient venus avec la ferme intention d'exprimer leur rejet de la politique du républicain, et beaucoup ont refusé d'applaudir.

Mais ils ont été forcés de prendre acte du changement de ton.

"C'était bien moins sombre que le discours d'investiture. Il a essayé de tendre la main", commentait John Larson, élu du Connecticut. "Mais le diable se niche dans les détails", a-t-il prévenu.

Dans les détails, Donald Trump est effectivement resté suffisamment vague pour que chaque faction politique y trouve son compte.

S'il a tenu bon sur le socle des idées républicaines, son plan d'infrastructures n'est pas au goût des ultra-conservateurs, de même que les crédits d'impôts auxquels il a fait allusion pour aider les Américains à financer leur assurance santé. En interne, les chefs républicains savent qu'ils n'ont toujours pas de texte de réforme de la santé capable de recueillir une majorité de voix à la Chambre.

Après des années d'austérité, beaucoup craignent un dérapage des finances publiques.

"L'obsession des républicains pour le déficit semble désormais appartenir au passé", s'étonnait l'élu républicain Dana Rohrabacher dans les couloirs du Capitole.

Et ce sont les démocrates qui ont repris le flambeau de la discipline budgétaire.

"Le compte n'y est pas", a dit à l'AFP le sénateur Chris Van Hollen. "Un enfant de 8 ans est capable de se rendre compte qu'on va creuser le déficit de façon énorme si on fait tout ce dont parle le président".

Le chef des démocrates du Sénat, Chuck Schumer, a fait le tour des émissions matinales pour prévenir que son camp ne tomberait pas dans le piège tendu par le locataire de la Maison Blanche.

"Avec Donald Trump, les discours ne veulent pas dire grand chose", a dit le sénateur démocrate de New York sur CBS. "Ses discours sont populistes, destinés aux travailleurs qui ont voté pour lui. Mais il gouverne à l'extrême-droite, au profit des groupes d'intérêts".

Désireux de dépeindre le président comme un extrémiste, les démocrates attendaient avec impatience la signature, prévue dans les prochains jours, d'un nouveau décret sur l'immigration, après le blocage par la justice d'un premier décret très controversé fermant les frontières aux ressortissants de sept pays musulmans.

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