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Russie: Poutine se défend de vouloir écarter l'opposition pour son premier show de candidat

Vladimir Poutine s'est défendu jeudi, à trois mois de la présidentielle, de vouloir écarter toute opposition lors de sa grande conférence de presse annuelle, se posant en défenseur des intérêts de la Russie face aux accusations de dopage et d'ingérence aux Etats-Unis.

Une semaine après avoir officialisé sa candidature à un quatrième mandat qui le porterait au pouvoir jusqu'en 2024, le maître du Kremlin a insisté sur le fait que que sa priorité était d'augmenter le niveau de vie des Russes, mis à mal par deux ans de crise, et s'est défendu de faire taire les voix dissidentes.

"Ce n'est pas à moi d'éduquer mes concurrents", a-t-il ironisé dès l'ouverture de ce show médiatique annuel, en présence de plus de 1.600 journalistes, pendant lequel il jongle entre les questions locales et internationales.

"Je pense que le système politique, comme économique, doit être concurrentiel, et je vais faire en sorte de favoriser cela", a-t-il ajouté, avant d'expliquer la faiblesse de ses opposants par les succès de sa politique économique et la nécessité pour ses concurrents de faire des propositions "réelles".

Arrivé au pouvoir en 2000 dans un pays au pouvoir instable et à l'économie chancelante, M. Poutine est loué par nombre de ses concitoyens pour avoir été l'homme d'une nouvelle prospérité, notamment grâce à une manne pétrolière, et du retour de la Russie sur la scène internationale.

Le pays se trouve cependant isolé des Occidentaux comme jamais depuis la Guerre froide en raison de son soutien à Bachar al-Assad en Syrie, de l'annexion de la Crimée et de son soutien aux séparatistes prorusses de l'Est de l'Ukraine.

Accusé d'avoir voulu favoriser l'élection de Donald Trump, Vladimir Poutine s'est une nouvelle fois défendu de toute ingérence.

"Tout cela a été inventé par des gens qui se trouvent dans l'opposition à Trump pour délégitimer son travail", a-t-il insisté, assurant que les contacts avec des équipes de candidats relevaient de la "pratique habituelle".

La Russie, qui accueille le Mondial de football en juin et juillet prochains, se trouve également au coeur d'un scandale de dopage institutionnalisé qui lui a valu d'être exclue des jeux Olympiques d'hiver 2018. Ses athlètes ne pourront concourir que sous bannière neutre.

Reconnaissant que la Russie était "coupable" en partie, Vladimir Poutine s'est montré offensif, assurant que Moscou défendrait ses sportifs "devant des tribunaux" et accusant le lanceur d'alerte, l'ancien patron du laboratoire antidopage Grigori Rodtchenkov de travailler pour "les services secrets américains".

"Il est évident que ce scandale est gonflé en lien avec le calendrier politique russe", a-t-il accusé en référence claire à la présidentielle.

- "Large soutien" -

Vladimir Poutine apparaît comme le grand favori du scrutin qui devrait se tenir le 18 mars. Il a expliqué qu'il se présentait en candidat "indépendant" et non soutenu par le parti pro-Kremlin Russie Unie, disant compter sur "un large soutien des citoyens".

Le dernier sondage du centre indépendant Levada lui attribue 75% d'intentions de vote, très loin devant ses rivaux menés par les indéboulonnables communiste Guennadi Ziouganov et nationaliste Vladimir Jirinovski qui se gardent bien de critiquer ouvertement le Kremlin.

Celui qui s'est imposé comme l'opposant numéro un, le libéral Alexeï Navalny, ne devrait pas pouvoir se présenter, en raison de condamnations judiciaires qu'il dénonce comme politiques.

Le camp libéral sera surtout représenté par la vedette de télévision Ksenia Sobtchak mais elle n'est créditée que de 1% des voix. Elle a profité de son statut de journaliste auprès de la chaîne d'opposition Dojd pour obtenir une accréditation pour la conférence de jeudi.

Le principal défi de Vladimir Poutine sera de convaincre les Russes d'aller voter lors de cette élection qui semble jouée d'avance: seuls 28% des électeurs se disent "certains" d'aller voter en mars, d'après Levada.

La Russie sort de deux ans de récession économique causée par la chute des cours du pétrole et les sanctions occidentales, et marquée par une violente chute du pouvoir d'achat des Russes malgré les promesses sociales de 2012.

Vladimir Poutine a une nouvelle fois insisté: le pays "a surmonté les chocs", alors que la croissance est revenue en 2017. Mais la reprise s'essouffle déjà et à long terme, une nouvelle dégradation de la situation démographique risque d'aggraver la tendance, d'où de fortes attentes sur ces sujets.

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