Ecouter le direct
AFP
Sports
Actu

Airbus programme le départ du tandem de direction Enders/Brégier

Le conseil d'administration d'Airbus, qui tenait une réunion cruciale jeudi, a entériné le départ prochain de Fabrice Brégier, numéro deux du groupe, et le non renouvellement du mandat du président exécutif Tom Enders en 2019, a-t-on appris de sources proches du dossier.

Interrogé par l'AFP, le groupe aéronautique a refusé de confirmer ces informations, révélées par Latribune.fr et confirmées à l'AFP par deux sources proches du dossier.

Un porte-parole a confirmé en revanche la fin du conseil d'administration du groupe. Une communication devrait intervenir d'ici à l'ouverture des marchés vendredi matin.

Selon Latribune.fr, Fabrice Brégier va partir en février et sera remplacé par Guillaume Faury, qui préside Airbus Helicopters.

Mardi, plusieurs articles de presse ont évoqué le départ de l'Allemand Tom Enders et de son numéro deux français Fabrice Brégier, ce qui a alimenté l'inquiétude en interne quant à une possible déstabilisation du groupe visé par des enquêtes judiciaires.

Airbus est sous le coup d'investigations du Parquet national financier (PNF) en France et du Serious fraud office (SFO) en Grande-Bretagne pour des irrégularités sur des transactions, pour des faits qu'il avait lui-même dénoncés en 2016.

Il est aussi la cible de deux autres enquêtes en Autriche et en Allemagne autour de la vente d'avions de combat Eurofighter à Vienne. En Autriche, Tom Enders figure parmi les personnes visées par l'enquête, mais de l'aveu du parquet général de Munich, la justice allemande dispose "de peu de preuves de corruption".

Le patron d'Airbus avait assuré mardi que son "mandat actuel court jusqu'en avril 2019 et c'est le calendrier sur lequel (il) travaille". Il réagissait à un article du Figaro qui, sans dévoiler la nature de sa source, assurait qu'il aurait "informé l'Élysée très récemment qu'il ne briguerait pas un troisième mandat."

Tom Enders, qui a toujours voulu tenir les Etats à l'écart des affaires du groupe, a affirmé que "la décision sur (son) avenir en tant que président exécutif d'Airbus n'est prise ni par la presse française ou le gouvernement français, ni par aucun gouvernement" mais par le conseil d'administration ou lui-même.

- Berlin et Paris en alerte -

L'affaire est suivie de près par Paris et Berlin, actionnaires du groupe à hauteur de 22%. Les deux partenaires ne sont pas directement représentées à son conseil d'administration, mais rien ne peut se faire sans leur aval.

Berlin a estimé mardi que tout éventuel changement à la tête d'Airbus relevait d'"une décision du conseil d'administration et de la société".

A Paris, une source gouvernementale a indiqué à l'AFP avant ce conseil d'administration que l'Etat restait vigilant sur les "dossiers industriels". "On ne va pas mettre tout sur la place publique, on va attendre la fin de l'instruction, mais effectivement il y a un sujet", a-t-elle fait valoir.

Airbus est un géant qui emploie 134.000 personnes et représente un gros contributeur net au commerce extérieur des deux pays.

En interne, on s'inquiète que ces enquêtes et une éventuelle guerre de succession au sommet ne déstabilise le groupe.

"Que l'on change de PDG, c'est une chose. Nous ce que l'on souhaite c'est que l'entreprise ne soit pas déstabilisée", déclarait à l'AFP Jean-Marc Escourrou, secrétaire FO Airbus SAS, la branche aviation commerciale, à Toulouse, avant la réunion du conseil jeudi.

"Avoir un départ simultané de Tom Enders et de Fabrice Brégier, c'est une situation qui nous inquiète et qui est de nature à déstabiliser la gouvernance du groupe", a renchéri Thierry Préfol, coordinateur adjoint CFE-CGC chez Airbus.

Les enquêtes judiciaires en cours "perturbent les cadres commerciaux" et il "faudrait que tout ça se clarifie rapidement", ajoute t-il.

En octobre, le conseil d'administration présidé par Denis Ranque avait apporté "toute (sa) confiance" à Tom Enders pour sortir par le haut le constructeur aéronautique de la crise.

Une bonne nouvelle est venue éclaircir l'horizon agité du groupe européen ce jeudi avec l'annonce par Delta Air Lines d'une commande ferme de 100 avions moyens-courriers A321neo pour 12,7 milliards de dollars au prix catalogue, un gros camouflet pour son concurrent Boeing.

Retrouvez MARITIMA sur votre Mobile !