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Forte mobilisation des gardiens de prison, avant une rencontre au ministère

Des dizaines de prisons partout en France sont bloquées lundi matin à l'appel des syndicats avant une rencontre prévue à partir de 13H00 avec la ministre de la Justice pour reprendre les discussions sur leurs revendications salariales et sécuritaires.

"A 09H00, nous avons 50 établissements bloqués: 15 où les agents ont refusé de prendre leur service et 35 où des barrages devant les prisons empêchent tout personnel d'entrer", a-t-on appris auprès de la Direction de l'administration pénitentiaire.

"Nous nous concentrons ce matin sur les établissements qui nécessitent un renfort de forces de sécurité (policiers et gendarmes, Ndlr) pour pallier l'absence d'agents et assurer le service", a-t-on ajouté de même source.

Plus tôt, le secrétaire national de FO Emmanuel Baudin avait assuré à l'AFP que "115 établissements étaient bloqués en France" sur les 188 du pays.

Après l'échec des négociations la semaine dernière en raison de propositions du gouvernement jugées "insuffisantes", les trois principaux syndicats (Unap-Unsa, CGT, FO) "seront reçus par la ministre à partir de 13H00, les uns après les autres", a indiqué la chancellerie à l'AFP.

A Fleury-Mérogis (Essonne), plus grande prison d'Europe avec plus de 4.300 détenus, environ 150 surveillants se sont rassemblés peu après 07H00 et ont bloqué avec des barricades faites de pneus et palettes l'accès à la prison, a constaté une journaliste de l'AFP. Les appels par haut-parleur "aux agents qui souhaitent prendre leur service" étaient couverts par des huées.

La mobilisation est aussi suivie dans le reste de la région parisienne (avec des blocages à Melun, Villepinte, Nanterre, dans le Val d'Oise et un débrayage à Meaux) et ailleurs en France: les principaux établissements sont bloqués en Auvergne-Rhône-Alpes, dans le Grand Est et toutes sont bloquées en Occitanie et à Ajaccio (Corse), selon des syndicalistes locaux.

Dimanche soir, un détenu s'en est une nouvelle fois pris à des gardiens, à Longuenesse (Pas-de-Calais). Il les a agressés avec un pied de table en fer, les blessant aux bras, selon l'administration pénitentiaire et le syndicat majoritaire Ufap-Unsa.

Lundi matin, une cinquantaine de gardiens stationnaient devant l'entrée du centre et y ont allumé des palettes.

- Non aux "mesurettes" -

A Borgo (Haute-Corse), où deux surveillants ont été agressés la semaine dernière, une soixantaine de gardiens se sont postés devant la prison, sans la bloquer, a constaté un photographe de l'AFP.

Ces agressions à répétition alimentent la colère des gardiens de prison qui jugent leur profession dangereuse, mal payée et mal considérée. C'est l'agression de surveillants par un détenu jihadiste à Vendin-le-Vieil (Pas-de-Calais) le 11 janvier qui a mis le feu aux poudres.

La semaine dernière, parallèlement à la mobilisation nationale des gardiens, l'Ufap-Unsa (40%) et la CGT-Pénitentiaire (environ 15%) ont participé à des négociations avec le gouvernement, mais ont refusé samedi de signer le "projet d'accord" qui en est sorti.

"Les personnels sont fatigués et furieux. Le mouvement sera dur lundi et ne s'arrêtera pas si le gouvernement ne propose que des mesurettes", a prévenu le secrétaire général de la CGT-Pénitentiaire, Christopher Dorangeville, dimanche.

FO-Pénitentiaire, qui n'avait pas participé aux premières négociations, a appelé à "amplifier la pression".

La CGT et FO ont prévenu que le mouvement de blocage des prisons était reconductible "jusqu'à ce que le gouvernement entende (leurs) revendications".

L'Ufap-Unsa et la CGT estiment que le "projet d'accord" est "bien en deçà des attentes des collègues mobilisés" notamment concernant les indemnités et le statut des 28.000 surveillants. Ils jugent aussi insuffisante la proposition de 1.100 créations de postes sur quatre ans.

La présidente du Front national Marine Le Pen a dit lundi soutenir "totalement les revendications et la colère du personnel pénitentiaire", estimant que "le gouvernement ne prend pas la mesure de la dangerosité" des "fondamentalistes islamistes".

Dimanche, Nicole Belloubet avait pris "acte du refus" de signer le texte pourtant négocié avec le gouvernement.

Les trois principaux syndicats demandent des revalorisations: soit indemnitaires (pour l'Ufap), avec une revalorisation des primes de nuit ou de pénibilité, soit statutaires (pour FO et la CGT), avec le passage pour les agents de la pénitentiaire de la catégorie C à la catégorie B.

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