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Poutine vante les succès militaires d'Assad avant un sommet avec l'Iran et la Turquie

Vladimir Poutine a vanté mardi, à la veille d'un sommet avec l'Iran et la Turquie, les succès militaires du président syrien Bachar al-Assad, qu'il a reçu au moment où selon lui la guerre menée par Damas et l'armée russe "touche à sa fin".

"Plus de 98% du territoire syrien se trouvent sous contrôle des forces gouvernementales syriennes. Les terroristes ont encore des foyers de résistance mais ils s'éteignent vite", a insisté le président russe en recevant son homologue tchèque Milos Zeman.

Après avoir aidé Bachar al-Assad à reprendre l'avantage sur le terrain face aux rebelles et aux jihadistes, le maître du Kremlin, principal soutien du régime syrien, cherche à relancer le processus de règlement politique. Il multiplie les contacts à quelques jours de pourparlers sous l'égide de l'ONU à Genève le 28 novembre, censés contribuer à mettre fin à une guerre ayant fait au moins 330.000 morts en six ans et des millions de déplacés.

Le président russe doit s'entretenir par téléphone mardi soir avec Donald Trump. Malgré les relations calamiteuses entre Moscou et Washington et des critiques réciproques quotidiennes sur le sujet, les deux chefs d'Etat avaient publié le 11 novembre un communiqué conjoint excluant toute "solution militaire" et appelant à une "solution pacifique" dans le cadre du processus de Genève.

Et mercredi, il réunit un sommet avec ses homologues turc Recep Tayyip Erdogan et iranien Hassan Rohani dans la station balnéaire de Sotchi (sud-ouest), où Bachar al-Assad s'est rendu pour sa première visite en Russie, et à l'étranger, depuis octobre 2015. C'était juste après le lancement de l'intervention militaire russe qui a constitué un tournant dans le conflit.

Son entretien surprise avec Vladimir Poutine, qui a eu lieu lundi mais n'a été rendu public que mardi matin, le replace dans le jeu diplomatique au moment où s'intensifient les contacts sur le dossier.

- Défaite 'définitive' -

Selon les images retransmises à la télévision, le maître du Kremlin a "félicité" le président syrien pour ses résultats dans la lutte contre le terrorisme, proche d'une défaite "inévitable et définitive".

"En ce qui concerne notre travail commun dans la lutte contre le terrorisme en Syrie, cette opération touche à sa fin", a-t-il assuré. "Je pense qu'il est maintenant temps de passer au processus politique".

"Nous ne voulons pas regarder en arrière et nous sommes prêts à un dialogue avec tous ceux qui souhaitent vraiment aboutir à un règlement politique", a souligné pour sa part Bachar al-Assad, selon ses propos traduits en russe, remerciant le président russe pour l'aide de la Russie dans la défense "de l'intégrité territoriale et de l'indépendance" de la Syrie.

Lancée en 2015, l'intervention militaire russe en Syrie a permis à l'armée syrienne de ravir au groupe Etat islamique (EI) la cité antique de Palmyre et de chasser les rebelles de leur bastion d'Alep, dans le nord. Les forces du régime ont chassé dimanche soir les jihadistes de Boukamal, leur dernier fief urbain en Syrie.

"La phase active de l'opération militaire en Syrie s'achève", a estimé le chef d'état-major de l'armée russe Valéri Guerassimov.

- Crise humanitaire -

Dans un discours retransmis à la télévision d'Etat, Hassan Rohani a déclaré mardi la "victoire" sur l'EI alors que l'armée iranienne combat également en soutien à l'armée syrienne.

Il a expliqué lors d'un entretien téléphonique au président français Emmanuel Macron vouloir "éviter le démembrement des pays de la région" et non la "dominer".

La Russie et l'Iran, alliés du régime de Damas, et la Turquie, soutien des rebelles syriens, parrainent le processus d'Astana, qui a permis la mise en place des "zones de désescalade" dans les régions d'Idleb (nord-ouest), de Homs (centre), dans la Ghouta orientale, près de Damas, ainsi que dans le sud.

Malgré un recul des violences, plus de 13 millions de personnes, dont près de la moitié d'enfants, ont besoin d'aide humanitaire en Syrie, a prévenu mardi dans un rapport le Bureau des affaires humanitaires de l'ONU (Ocha).

Ces mesures ont permis d'abaisser la tension sur le terrain mais Moscou cherche désormais à trouver une issue politique à ces pourparlers jusqu'alors concentrés sur les questions militaires.

La dernière initiative russe visant à réunir régime et opposition en Russie a été reçue froidement par les rebelles et aucune date n'a été fixée.

Toutes les tentatives de mettre fin à la guerre se sont pour l'instant heurtées au sort de Bachar al-Assad mais le président syrien, au pouvoir depuis 2000, apparaît désormais en position de force.

Les différentes factions de l'opposition syrienne tenaient en parallèle une réunion à Ryad mercredi pour unifier leurs positions en vue des négociations à Genève, qui doivent se concentrer sur la rédaction d'une nouvelle Constitution et la tenue d'élections.

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