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Les nouvelles règles d'entrée à l'université en Conseil des ministres

Bientôt de nouvelles règles en vigueur pour entrer à l'université: le projet de loi a été examiné mercredi en Conseil des ministres, alors que plusieurs centaines de jeunes ont défilé à Paris pour exprimer leur opposition.

Ce projet de loi, "Orientation et réussite des étudiants", qui vise notamment à supprimer le tirage au sort et réduire le taux d'échec en première année de fac, ne fait pas l'unanimité. Il est vivement critiqué par plusieurs syndicats lycéens, étudiant (l'Unef) ou enseignants (le Snesup-FSU), qui dénoncent "une sélection déguisée".

A Paris, un demi-millier de jeunes, selon la police, s'étaient donné rendez-vous à la mi-journée place de la République pour manifester contre un texte qui, selon eux, instaure "une sélection" à l'entrée à l'université. Jusqu'à présent, la seule condition pour suivre la licence générale de son choix était d'avoir le bac (et d'être tiré au sort pour les filières les plus demandées).

Sous haute surveillance des forces de l'ordre, les manifestants, réunis notamment à l'appel du syndicat lycéen UNL, se sont élancés vers 13H30 vers la place de la Bastille. "Tri sélectif à la fac, poubelles devant les lycées" proclamait une banderole, en référence au blocage de quelques lycées parisiens (cinq selon le rectorat).

"Ce n'est pas une réforme qui a pour objectif d'empêcher l'accès à l'enseignement supérieur" à une partie des jeunes, a répondu la ministre de l'Enseignement supérieur Frédérique Vidal à ses détracteurs.

Lors d'un point presse après le Conseil des ministres, elle a voulu "réaffirmer que l'université accepterait l'ensemble des jeunes" qui veulent y aller. "Mais nous demandons aux bacheliers de faire confiance" à l'université qui leur proposera des parcours "plus flexibles, plus personnalisés et mieux adaptés".

Le projet de loi prend garde d'éviter les termes de "sélection", "prérequis" ou même "attendus". Mais désormais l'inscription dans une formation en licence générale pourra "être subordonnée à l'acceptation, par le candidat, du bénéfice des dispositifs d'accompagnement pédagogiques ou du parcours de formation personnalisé proposés par l'établissement pour favoriser sa réussite", selon le projet de loi.

Pour le gouvernement, ces exigences doivent permettre de réduire le taux d'échec en première année en licence générale (près de 60%).

- "Cohérence" entre profil et formation -

Le texte met l'accent sur l'orientation dès le lycée (avec deux semaines consacrées à l'orientation et deux professeurs principaux pour chaque classe de terminale), "une première étape", a déclaré la ministre. "Nous avons aussi rénové et repensé" la plateforme d'inscription dans l'enseignement supérieur, en introduisant "de l'humain" dans les décisions prises.

Cette plateforme, baptisée Parcoursup, remplace APB (admission post-bac) et ouvrira le 15 janvier. Les lycéens inscriront dix vœux maximum et recevront les réponses au fil de l'eau, à partir de mai.

Présenté fin octobre par le Premier ministre Édouard Philippe et Frédérique Vidal, ce plan étudiants est né après trois mois de concertation avec les principaux acteurs du monde éducatif (syndicats étudiants, enseignants, universités, parents...).

Cet été, le nombre de bacheliers laissés sans affectation après les premières vagues de réponse sur APB a atteint un niveau inédit. Des dysfonctionnements qui s'expliquent en partie par une hausse de la démographie mal anticipée (+40.000 bacheliers cette année inscrits sur APB).

Le Snesup-FSU, opposé au projet de loi, a appelé mardi à "combattre le projet fou du gouvernement", qualifié de "conservateur, anxiogène et bureaucratique".

Sur la plateforme, le candidat pourra recevoir plusieurs réponses: "oui", "oui si" ou "en attente" pour n'importe quelle licence générale, en tension ou pas.

Si l'équipe pédagogique considère que le bachelier a besoin d'être accompagné de manière spécifique, la réponse sera "oui si". Il pourra lui être par exemple proposé un parcours avec plus de travaux dirigés ou plus de méthodologie.

En cas de nombre de candidats supérieur aux places dans une filière, l'université pourra décider de ne pas accepter un étudiant, mais devra lui proposer une formation proche de ses vœux.

"Il n'y aura pas de tirage au sort", dispositif appliqué jusqu'à présent dans ce type de situation, "mais on vérifiera la cohérence" entre le profil, les compétences du candidat et la formation, a affirmé Frédérique Vidal.

Le nombre de places va par ailleurs être augmenté dans les filières les plus demandées.

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