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Syrie: discussions à Berlin et réunion du Conseil de sécurité pour tenter de rétablir le cessez-le-feu

L'Allemagne, la France, l'ONU et l'opposition syrienne devaient discuter mercredi à Berlin, avant une réunion du Conseil de sécurité à New York, des moyens de rétablir le cessez-le-feu à Alep où de violents combats se sont poursuivis pendant la nuit.

La Russie, principal soutien de Damas, a déclaré espérer un cessez-le-feu "dans les prochaines heures" à Alep, principal champ de bataille depuis plusieurs semaines, où les bombardements ont fait mardi une trentaine de morts.

Le chef de la diplomatie américaine John Kerry a lui menacé le président syrien Bachar al-Assad de "répercussions" si la trêve actuellement discutée entre Washington et Moscou n'était pas respectée.

De retour de Moscou où il a fait pression mardi en vue d'une cessation des hostilités, l'envoyé spécial de l'ONU pour la Syrie, Staffan de Mistura, devait pour sa part rencontrer à Berlin dans l'après-midi les ministres français et allemand des Affaires étrangères ainsi que le coordinateur de l'opposition syrienne Riad Hijab.

- 'Remobiliser' -

"On cherche à remobiliser les uns et les autres. Et c'est une bonne occasion d'entendre Hijab, de lui apporter notre soutien", a expliqué une source diplomatique européenne au sujet de la réunion prévue pour 14H00 GMT, notant qu'à Alep "les hostilités n'ont repris qu'à l'initiative du régime".

Mais "un cessez-le-feu, ça dépend vraiment des Russes", a admis cette source.

"Alep brûle", a pour sa part souligné l'ambassadeur britannique à l'ONU, Matthew Rycroft, selon lequel la situation à Alep relève "de la plus haute priorité". Le Conseil de sécurité doit se réunir à ce sujet mercredi.

Alep "est à la Syrie ce que Sarajevo était à la Bosnie", a estimé l'ambassadeur français auprès des Nations unies, François Delattre.

Selon un photographe travaillant pour l'AFP, mardi a été la journée la plus dure qu'ait connu le secteur d'Alep contrôlé par le gouvernement depuis la reprise le 22 avril des hostilités dans la deuxième ville syrienne, où plus de 270 personnes ont été tuées en 12 jours.

Cette intensification des violences a fait voler en éclats la trêve entrée en vigueur à partir du 27 février sous l'impulsion de Moscou, allié de Damas, et des Etats-Unis, qui soutiennent l'opposition. La Russie et la Syrie ont justifié l'offensive par la présence de groupes jihadistes, comme le Front Al-Nosra (branche syrienne d'Al-Qaïda) pour justifier l'offensive.

"Le problème est que tout le monde n'a pas la même vision du cessez-le-feu. Le régime et les Russes considèrent qu'à partir du moment où il y a un peu d'al-Nosra, même si ce n'est que 2%, tout le reste devient al-Nosra aussi. Ce n'est pas du tout notre vision", a souligné la source diplomatique européenne.

Sur le front diplomatique et toujours en Allemagne, mais avec une autre cible en vue, les ministres de la Défense d'une dizaine de pays occidentaux de la coalition combattant le groupe Etat islamique en Syrie et en Irak -- notamment la France et le Royaume-Uni -- doivent eux se retrouver à Stuttgart autour du secrétaire américain à la Défense, Ashton Carter.

Il s'agit selon les Américains "d'évaluer l'état de la campagne" militaire, d'informer sur les efforts américains "pour accélérer la défaite" du groupe jihadiste et "d'identifier les besoins dont la coalition pourrait avoir besoin à l'avenir".

Selon une source diplomatique, les Etats-Unjis souhaitent notamment que l'Otan s'engage davantage dans la coalition anti-EI en déployant directement en Syrie et en Irak ses avions de surveillance Awacs.

- Nuit de combats -

Les Etats-Unis ont élargi l'action de leurs troupes au sol avec 4.000 hommes en Irak et à terme 250 forces spéciales en Syrie. Signe de leur exposition croissante, un soldat américain a été tué mardi lors d'une attaque de l'EI dans le nord irakien.

En Syrie, les rebelles ont pour leur part lancé mardi une offensive majeure avec de violents bombardements contre les secteurs gouvernementaux d'Alep. Toute la nuit des combats ont eu lieu dans la périphérie de la ville, tuant au moins trois civils mercredi matin, selon l'agence officielle Sana.

Ces combats sont "les plus violents à Alep depuis plus d'un an", a indiqué le directeur de l'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH), Rami Abdel Rahmane.

L'offensive a commencé, selon un photographe de l'AFP, par une attaque contre le quartier général des services de renseignement de l'armée de l'air à Zahra, dans l'ouest de la ville.

L'aviation et l'artillerie gouvernementales ont répliqué en visant les quartiers rebelles de l'est de la ville.

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