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Israël suspend les négociations de paix après l'accord inter-palestinien

Israël a décidé jeudi de suspendre les négociations avec l'Autorité palestinienne et de la sanctionner après sa réconciliation avec le Hamas, enfonçant le processus de paix parrainé par Washington dans la crise.

Le secrétaire d'Etat américain John Kerry, qui a tenté ces derniers mois sans succès apparent de sauver les pourparlers de paix relancées en juillet 2013, a appelé les deux camps à "faire des compromis".

L'Organisation de libération de la Palestine (OLP) du président Mahmoud Abbas et le Hamas, considéré par Israël comme un groupe "terroriste", ont signé mercredi un nouvel accord de réconciliation prévoyant la formation d'un cabinet de "consensus national" et la tenue d'élections fin 2014.

L'annonce de cet accord a été faite en pleine crise dans les négociations de paix qui devaient aboutir à un accord de principe avant l'échéance du 29 avril.

Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahua estimé que cet accord "tue la paix", mais le négociateur palestinien Saëb Erakat a attribué l'échec du processus de paix à la politique israélienne de colonisation dans les territoires palestiniens occupés.

A l'issue d'une réunion de cinq heures, le cabinet de sécurité regroupant M. Netanyahu et ses principaux ministres a décidé "à l'unanimité" qu'Israël "ne négociera pas avec un gouvernement palestinien s'appuyant sur le Hamas, une organisation terroriste qui appelle à la destruction d'Israël", selon un communiqué du bureau du Premier ministre.

Il a aussi annoncé des "mesures en réponse aux gestes unilatéraux" des Palestiniens, en allusion à des sanctions non précisées dans l'immédiat.

"Ce qui s'est passé est un grand revers pour la paix (...) Le président Abbas a fait un énorme pas en arrière en concluant un pacte avec le Hamas", a dit M. Netanyahu à la chaîne américaine NBC.

Le Hamas, au pouvoir à Gaza depuis 2007 et qui rejette les négociations avec Israël, est aussi considéré comme une "organisation terroriste" par Washington et l'Union européenne.

- 'La porte pas fermée' -

La ministre de la Justice Tzipi Livni, chargée des négociations côté israélien, a souligné que son gouvernement "suspendait" les pourparlers et que "la porte n'a pas été fermée". Selon elle, les mesures punitives envisagées ont été bien "calculées" et ne provoqueront "pas un effondrement de l'Autorité palestinienne".

M. Erakat a de son côté blâmé Israël pour l'échec des négociations. "Le gouvernement Netanyahu a été appelé pendant des années à choisir entre la paix et les colonies et il a choisi celles-ci".

Le responsable palestinien a ajouté à l'AFP que l'Autorité palestinienne allait examiner "toutes les options" en réponse aux décisions d'Israël.

La direction de l'OLP doit se réunir ce week-end en Cisjordanie. Parmi les options possibles, elle pourrait choisir d'adhérer à de nouveaux traités et organisations internationaux.

Ce n'est pas la première fois que les frères ennemis palestiniens annoncent la formation imminente d'un gouvernement de consensus. Le Hamas, au pouvoir à Gaza, et le Fatah qui a son QG en Cisjordanie, avaient signé des accords similaires en 2011 et 2012 qui n'ont pas été appliqués.

M. Erakat a aussi accusé Israël de "vol" après que ce pays a gelé le transfert des taxes qu'il perçoit pour le compte de l'Autorité en représailles aux dernières demandes d'adhésion de la Palestine à 15 traités et conventions internationaux.

"Cet argent nous appartient (...) La décision de bloquer des fonds palestiniens est du vol et de la piraterie que la communauté internationale doit stopper", a-t-il dit.

- Abbas parle aux Américains -

M. Abbas devait commencer ses consultations pour former le "cabinet de consensus" qu'il dirigera et qui sera composé de personnalités indépendantes.

Il a reçu l'émissaire américain Martin Indyk dont le pays a exprimé sa "déception" après l'accord inter-palestinien et a eu un entretien téléphonique avec M. Kerry.

A l'étranger, la Turquie et la Tunisie ont salué l'accord inter-palestinien, et le chef de la Ligue arabe Nabil al-Arabi a affirmé le soutien de son organisation à M. Abbas face "aux pressions israéliennes".

L'UE a aussi salué l'accord inter-palestinien mais relevé que la priorité était la poursuite des négociations avec Israël. La France s'est dite prête à travailler avec un cabinet palestinien s'il soutient le processus de paix.

L'ONU a fait savoir qu'elle soutenait l'unité palestinienne sur la base de la reconnaissance d'Israël et de la non-violence.

Selon Jibril Rajoub, un proche de M. Abbas, le "cabinet de consensus proclamera de façon claire et nette qu'il accepte les conditions du Quartette" pour le Proche-Orient qui exige du Hamas qu'il reconnaisse Israël et renonce à la lutte armée.

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