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A La Rochelle, Valls attendu au tournant par les frondeurs et les sceptiques

Manuel Valls, attendu au tournant par des opposants qui n'ont pas digéré le choc politique de la formation du nouveau gouvernement, défend ce dimanche la ligne de l'exécutif en clôture de l'université d'été du PS à La Rochelle.

Un Parti socialiste que François Hollande, depuis Bruxelles, a souhaité "à l'unisson" de cette ligne, même si cela "n'empêche pas le débat".

"Ca ne coupe pas la discussion, mais elle doit être menée à bien dans la perspective que j'ai définie", a-t-il dit dans la nuit de samedi à dimanche en marge d'un sommet européen.

Applaudi debout par les patrons mercredi au Medef, le chef d'un gouvernement purgé de son aile gauche parviendra-t-il à recevoir la même ovation de son propre parti?

Il prononcera un discours en fin de matinée, après celui du premier secrétaire du PS Jean-Christophe Cambadélis.

"Je suis des leurs, je suis leur Premier ministre. Je vais leur parler avec le coeur, il faut les entraîner. Je veux rassurer et rassembler", a confié Manuel Valls au JDD.

En se promenant "parmi les Français" dans le centre de La Rochelle samedi, le Premier ministre avait toutefois confié "ne pas chercher les applaudissements", mais "à convaincre".

Si Manuel Valls a finalement eu droit à un accueil sans incident --et plutôt bienveillant-- des militants socialistes pour ces premières heures rochelaises samedi (les sifflets qui l'attendaient à la sortie de la gare venaient de militants CGT) la partie ne s'annonce pas aisée.

Car des parlementaires "frondeurs" aux responsables communistes et aux écologistes en passant, à distance, par Martine Aubry, l'ex-maire d'Evry a en effet été sous le feu des critiques samedi au deuxième jour du traditionnel rendez-vous de la famille socialiste.

S'il n'est pas prévu d'annonces de la part de M. Valls --la mesure fiscale promise par le gouvernement attendra-- "il s'agit de montrer que la gauche, dans des moments difficiles, est capable de gouverner", indique-t-on dans son entourage.

Manuel Valls "ne veut pas se laisser enfermer dans les mots comme social-libéral, social-démocrate, au moment où la France est dans cette situation difficile. Il connaît les pièges de ces débats", note un proche.

"A travers les militants, il veut s'adresser aux Français", explique-t-on encore. Dépasser le parti, tel était aussi le message d'un Premier ministre lors de cette "promenade" devant les caméras dans le centre de La Rochelle, qui visait notamment à montrer qu'il n'était pas "bunkerisé" par le pouvoir.

-'Qu'est-ce que le socialisme aujourd'hui ?'-

Pour le président de l'Assemblée nationale Claude Bartolone, il s'agira de dire "ce qu'est le socialisme aujourd'hui" pour ne pas se laisser entraîner vers des querelles sémantiques sur "le social-libéralisme".

Les retrouvailles de M. Valls avec les militants PS --qu'il n'a guère croisé depuis la campagne des européennes-- suivent une journée de samedi où la ligne du sommet de l'Etat aura subi son lot de remises en cause.

La première charge est venue dès le début de la matinée des députés "frondeurs" qui, furieux de la ligne économique affichée par le gouvernement Valls II, ont lancé leur club "Vive la gauche", devant plusieurs centaines de personnes dans un amphithéâtre à l'ambiance surchauffée.

Alors que l'éviction d'Arnaud Montebourg pour contestation de la "seule ligne" gouvernementale était dans toutes les têtes, la ministre de la Justice Christiane Taubira a créé la surprise en venant brièvement assister au rassemblement.

Mais Manuel Valls n'a pas trouvé à redire à l'initiative de sa garde des Sceaux.

"La cohérence, la clarté, la cohésion voulues par le président ne sont évidemment pas mises en cause", a-t-il jugé. "C'est très bien que ça se passe ainsi, c'est bien que cette université d'été montre qu'il y a des débats, des discussions", selon le Premier ministre, qui a même dîné assis à côté de sa ministre pour déminer encore un peu plus le début de controverse.

Une autre charge est venue de loin: Martine Aubry, l'un des grands absents du rassemblement, a réclamé que sa ville de Lille et d'autres communes volontaires bénéficient de l'encadrement des loyers, limité la veille à la capitale... par Manuel Valls. Ce dernier lui a répondu dans le JDD que si Lille (ou toute ville volontaire) voulait elle aussi expérimenter cette mesure, libre à elle.

Un dernier incident notable a eu lieu en fin de journée, lors du débat sur "l'unité de la gauche", qui n'a eu d'unitaire que le nom.

D'ordinaire placide, le numéro un du PCF, Pierre Laurent, a fortement haussé le ton en lâchant, sous les applaudissements (et quelques sifflets) que le contrat qu'avait passé François Hollande en 2012 venait, cette semaine, "d'être déchiré devant les Français".

Egalement présente, la secrétaire nationale d'Europe Ecologie-Les Verts (EELV), Emmanuelle Cosse, a fait passer "un message de colère et de déception après les dernières annonces pour démonter la loi Alur" sur le logement.

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