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Brexit: fragilisée, May assure à l'UE que Londres tiendra ses engagements

La Première ministre britannique Theresa May, encore plus fragilisée au lendemain d'une défaite au Parlement, a assuré que le Royaume-Uni tiendrait ses engagements en vue du Brexit jeudi à Bruxelles, où les 27 s'apprêtent à donner leur aval à une nouvelle phase des négociations.

Même si la discussion consacrée au Brexit n'est prévue que vendredi, au deuxième jour d'un sommet européen, il est impossible d'ignorer les nouveaux déboires politiques de Mme May, affaiblie après avoir perdu de justesse mercredi soir un vote crucial au Parlement en raison de la rébellion d'une partie de son camp conservateur.

Les députés ont voté un amendement prévoyant que tout accord final conclu sur le Brexit soit ratifié par un vote contraignant du Parlement, malgré l'opposition du gouvernement.

"Déçue", Mme May a toutefois tenu à rassurer à son arrivée. "Nous sommes en bonne voie pour tenir nos promesses sur le Brexit, sur le vote du peuple britannique", a-t-elle déclaré.

"Ca ne rend pas sa vie plus facile", a tout de même jugé le Premier ministre luxembourgeois Xavier Bettel. "Dès qu'elle négocie quelque chose, elle devra retourner à Londres pour obtenir approbation. Ca ne change rien à l'agenda, mais rend juste les choses plus difficiles pour le gouvernement britannique", a-t-il estimé.

Le chancelier autrichien Christian Kern n'y voyait toutefois "pas un obstacle" car le parlement de son pays prévoit aussi une ratification de l'accord du Brexit.

- 'Résultat juste' -

Donald Tusk, le président du Conseil européen, instance qui regroupe les chefs d'Etat et de gouvernement, va donc proposer vendredi de passer à l'étape suivante des négociations, sur une phase de transition qui suivra le départ effectif du Royaume-Uni prévu le 29 mars 2019.

"Il y a maintenant de bonnes chances pour que nous puissions passer à la phase 2", lui a fait écho la chancelière allemande Angela Merkel.

La Britannique profitera de sa présence à Bruxelles pour souligner auprès de ses collègues, lors du dîner jeudi, sa satisfaction qu'un "résultat juste" ait été obtenu dans les négociations sur les trois dossiers prioritaires: le sort des citoyens expatriés, le contentieux de la frontière entre l'Irlande et la province d'Irlande du Nord, et la facture du Brexit, selon une source gouvernementale britannique.

Mais si Theresa May chancelle, Donald Tusk a pronostiqué jeudi que la seconde phase des discussions serait "le vrai test" pour l'unité des 27.

Il faudra aussi, au cours de la prochaine phase, ouvrir des discussions afin de poser les premiers jalons de la négociation sur la future relation entre les deux parties, notamment en ce qui concerne les liens commerciaux.

Theresa May "cache son jeu pour le moment", a observé le Premier ministre néerlandais Mark Rutte. "Une bonne technique de négociation" selon lui, mais "nous aurons besoin de comprendre comment elle voit la future relation", a-t-il réclamé.

- Divisions européennes -

Si l'UE s'affiche toujours unie face à Londres, M. Tusk est conscient que les autres thèmes du sommet seront beaucoup plus matière à discorde.

"Aujourd'hui (jeudi) et demain (vendredi) nous allons évoquer des sujets pour lesquels le manque d'unité est très voyant, je veux parler de l'Union monétaire et de la migration", a explicité le président du Conseil.

Ces divisions -- entre le nord et le sud de l'UE dans le premier cas, l'est et l'ouest dans le second -- "sont souvent accompagnées d'émotions qui rendent difficile la recherche d'un langage commun, d'une argumentation rationnelle. C'est pour cela que nous devons travailler sur notre unité plus intensivement", a-t-il reconnu.

Le débat sur la réforme de la zone euro aura lieu vendredi matin avant d'évoquer le Brexit lors d'un petit-déjeuner.

Le thème de la migration promet quant à lui un dîner animé jeudi. Le président Tusk espère une discussion "ouverte et franche" jeudi soir au moment du dîner sur "ce qui a marché et ce qui n'a pas marché" dans la réponse de l'UE à la vague migratoire depuis 2015.

Dans une note adressée aux 28, M. Tusk a relevé l'échec des discussions sur l'éventualité de mettre en place un mécanisme de quotas permanents, un débat polarisant qui à ses yeux empêche d'avancer sur la réforme nécessaire de la politique migratoire de l'UE.

"Chacun doit mettre un peu du sien pour trouver les bonnes convergences", a déclaré à l'attention de ses homologues le président français Emmanuel Macron à Bruxelles.

Avant de se mettre à table, une cérémonie est organisée pour le lancement d'une coopération militaire inédite entre 25 Etats membres (sauf le Royaume-Uni, le Danemark et Malte), par laquelle l'UE ambitionne de relancer l'Europe de la défense.

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