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L'armée syrienne pilonne un fief rebelle, 54 civils tués

L'aviation syrienne a violemment bombardé lundi l'enclave rebelle de la Ghouta orientale tuant 54 civils dont neuf enfants, le régime semblant préparer un assaut imminent contre la dernière poche rebelle près de Damas.

Ce regain de violence intervient alors que les forces progouvernementales syriennes se préparent à entrer dans une région du nord-ouest de la Syrie, Afrine, pour soutenir une milice kurde face à une offensive de la Turquie.

"Le régime bombarde intensément la Ghouta orientale en vue d'une offensive terrestre", a indiqué à l'AFP le directeur de l'OSDH, Rami Abdel Rahmane. Les forces du président syrien Bachar al-Assad ont massé des renforts autour de cette zone qui leur échappe depuis 2012 et qu'il assiègent depuis des années.

Dimanche, des centaines de tirs de roquettes et d'artillerie du régime avaient déjà coûté la vie à au moins 17 civils, selon l'Observatoire.

Lundi, les frappes aériennes ont visé plusieurs localités.

Dans une morgue improvisée de la ville de Douma, un homme effondré, Nidal, pleure près du corps sans vie de sa fille Farah, tuée dans la ville de Mesraba.

Dans les hôpitaux de fortune des localités de la Ghouta, des parents cherchent désespérément leurs enfants, morts ou vivants, tandis que le personnel médical, qui manque de tout tente de soigner les blessés qui affluent, sauvés des décombres par les secouristes.

- 'Dieu et les sous-sols' -

A Hammouriyé, la panique s'est rapidement propagée parmi les civils dès que le bruit des avions militaires a été entendu et des passants dans les rues ont couru se réfugier à l'intérieur de bâtiments.

"Le sort de la Ghouta est inconnu, nous n'avons plus que la miséricorde de Dieu et nos sous-sols où nous nous cachons", a déclaré à l'AFP Alaa al-Dine, un habitant de cette localité.

"Nous n'avons aucune alternative", a-t-il déploré, indiquant craindre une offensive imminente du régime.

Le 5 février, l'armée syrienne avait mené des bombardements aériens d'une intensité inédite sur la Ghouta, faisant environ 250 morts parmi les civils et des centaines de blessés, en cinq jours.

Deux groupes rebelles islamistes contrôlent la majorité de la Ghouta orientale, mais des jihadistes du groupe Hayat Tahrir al-Cham sont également présents dans quelques poches, dont l'une adjacente à Damas.

Des pourparlers sont en cours pour évacuer ces jihadistes, selon l'OSDH et le quotidien syrien Al-Watan. Mais, affirme l'OSDH, l'intensification de la pression militaire semble montrer que le régime privilégie une offensive terrestre à des négociations.

- Peur à Damas -

Le régime cherche à mettre fin aux tirs, parfois meurtriers, d'obus et de roquettes des rebelles sur la capitale.

Quelque six roquettes se sont abattues sur Damas dimanche soir, selon un correspondant de l'AFP. Une personne a été tuée par ces tirs, a rapporté l'agence de presse officielle syrienne SANA.

Depuis le 5 février, plus de 20 civils ont péri dans des bombardements rebelles sur Damas. Lundi, des habitants de quartiers proches des zones rebelles se préparaient à quitter leur foyer par peur de nouveaux tirs de roquettes.

Jawad al-Obros, qui habite avec sa mère, son père et sa sœur à Qassaa, un quartier jouxtant l'un des principaux fronts entre régime et rebelles, a commencé à se renseigner sur les prix d'hôtels à Yaafour, dans l'ouest de la capitale.

Une pluie de tirs s'est en effet abattue autour de sa maison ces dernières semaines.

"Nous sommes fatigués, il semble qu'il n'y ait de solution que celle d'une offensive militaire finale", a-t-il déclaré à l'AFP.

La guerre en Syrie a fait plus de 340.000 morts depuis 2011.

Après avoir opposé les rebelles au régime, elle s'est complexifiée avec l'implication de groupes jihadistes et de puissances étrangères comme à Afrine dans le nord-ouest où la Turquie attaque depuis le 20 janvier une milice kurde syrienne, les Unités de protection du peuple (YPG). Ankara considère les YPG comme "terroristes" et liée au Parti des travailleurs du Kurdistan, une formation séparatiste interdite en Turquie.

- Déploiement à Afrine? -

Lundi, le régime syrien devait commencer à déployer des troupes dans cette enclave kurde devenue de facto semi-autonome depuis 2012, en soutien aux Kurdes. Selon l'agence Sana, les forces prorégime "rejoindront la résistance contre l'agression turque".

Lundi, le président turc Recep Tayyip Erdogan et son homologue russe Vladimir Poutine ont discuté de l'offensive d'Afrine lors d'un appel téléphonique, a indiqué le Kremlin, sans fournir plus de détails. Le chef de la diplomatie turque, Mevlüt Cavusoglu, a mis en garde lundi contre toute intervention du régime syrien aux côtés des milices kurdes à Afrine, affirmant qu'elle n'empêcherait pas Ankara de poursuivre son offensive.

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