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Prisons: négociations et blocages se poursuivront mardi

Les négociations sur la sécurité, l'emploi et la rémunération des personnels pénitentiaires se poursuivront mardi entre le ministère de la Justice et les syndicats de surveillants qui ont décidé de maintenir la pression en appelant à une nouvelle journée de blocage des prisons.

Après l'échec de premières négociations samedi, Nicole Belloubet s'est personnellement investie lundi dans ces nouvelles discussions qui visent à mettre un terme à une mobilisation déclenchée par l'agression de surveillants dans la prison de Vendin-le-Vieil (Pas-de-Calais) le 11 janvier, avant qu'une série de nouvelles agressions ne ravive la colère. Ce mouvement est l'un des plus importants depuis 25 ans.

La garde des Sceaux recevra à 14H00 à la Chancellerie les trois organisations syndicales à l'origine du mouvement (Ufap-Unsa, CGT, FO) après les avoir rencontrées lundi pour la première fois depuis le début de la mobilisation, a indiqué son ministère.

"C'est un métier extrêmement difficile", a reconnu la ministre à l'issue de la rencontre lundi en rappelant les récentes "agressions et tentatives d'assassinats" subies par des surveillants.

Nicole Belloubet a tenu à préciser qu'elle souhaitait déboucher "le plus rapidement possible" sur "des résultats concrets pour les personnels de surveillance".

Elle a indiqué pour cela que les négociations de mardi porteront non seulement sur "les créations d'emplois", "la sécurité des personnels" mais aussi sur "la question indemnitaire", une revendication des syndicats qui n'avait pas été abordée lors des précédentes réunions.

La ministre a toutefois précisé que l'indemnité, "ce n'était pas les changements de statut", en réponse aux syndicats FO pénitentiaire et CGT qui réclament le passage des surveillants de la catégorie C à B de la fonction publique. "Nous voulons une réflexion sur le métier. On ne veut plus être considérés comme de simples porte-clés", a déclaré à l'AFP Christopher Dorangeville, secrétaire général de la CGT-Pénitentiaire.

Sur la question des emplois, la garde des Sceaux, qui a déjà proposé aux syndicats le recrutement de 1.100 gardiens sur quatre ans, a expliqué "ne pas être certaine de pouvoir faire un effort plus considérable".

A l'issue de la rencontre, les trois syndicats ont appelé dans un communiqué à poursuivre mardi les blocages des établissements pénitentiaires partout en France.

"Il est hors de question pour nous de suspendre le mouvement", a déclaré à la presse le secrétaire général de l'Ufap-Unsa Justice (majoritaire), Jean-François Forget.

Son homologue à FO, Emmanuel Baudin, a appelé à "amplifier" le mouvement. "Notre but est de trouver une solution. Nous voulons mettre la pression", a-t-il expliqué.

- Retard aux parloirs -

La journée de lundi a été marquée par une forte mobilisation avec jusqu'à 50 établissements totalement bloqués dont 15 où les agents ont refusé de prendre leur service, a indiqué la direction de l'Administration pénitentiaire. Dans sept prisons, les forces de l'ordre ont dû remplacer des surveillants absents.

Au total, 130 établissements sur 188 ont été touchés à des degrés divers par le mouvement, a indiqué la Direction de l’administration pénitentiaire, confirmant les estimations du syndicat Ufap-Unsa Justice.

Dans quatre établissements, des détenus ont par ailleurs momentanément refusé de regagner leurs cellules, notamment à Pau où ils entendaient protester contre l'annulation du temps de promenade.

A Fleury-Mérogis (Essonne), plus grande prison d'Europe avec plus de 4.300 détenus, la mobilisation s'est achevée vers 10H30 dans le calme et certains surveillants sont symboliquement entrés dans l'établissement "à reculons" en signe de protestation.

A l'entrée, les visiteurs s'impatientaient, à cause d'un retard de plus de deux heures aux parloirs.

En revanche, à Nancy, des CRS sont intervenus pour permettre l'extraction d'un homme qui devait être jugé aux assises.

Au centre pénitentiaire de Gradignan, dans la banlieue bordelaise, des CRS ont lancé des gaz lacrymogènes contre une centaine d'agents qui bloquaient l'accès à un camion de livraison des repas des détenus.

Deux nouvelles agressions de gardiens ont eu lieu dimanche à Longuenesse (Pas-de-Calais) et Châteauroux (Indre).

Ces attaques à répétition alimentent la colère des gardiens qui jugent leur profession dangereuse, mal payée et mal considérée alors que les prisons souffrent d'une surpopulation chronique.

Devant la prison de Vendin-le-Vieil a été dressé un épouvantail représentant l'administration pénitentiaire, avec cet écriteau: "Si on lâche, c'est le cimetière".

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