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A Arles, les images chocs du photographe de faits divers Enrique Metinides

Le photographe de presse mexicain Enrique Metinides a écumé pendant plus de 50 ans les rues de Mexico pour saisir dans son viseur les accidents, les incendies, les suicides, les scènes de crimes. A 77 ans, il présente son travail aux Rencontres d'Arles.

L'homme des catastrophes, qui a peur de prendre l'avion, n'a pas fait le voyage mais il se raconte dans l'exposition "101 tragédies", qui se tient jusqu'au 18 septembre au Parc des Ateliers.Metinides a procédé lui-même à une sélection de ses images de faits divers et les commente une à une sur les cartels.Né en 1934 à Mexico, dans une famille d'immigrants grecs, Enrique Metinides reçoit son premier appareil photo à l'âge de dix ans. L'enfant photographie la rue, déjà à l'affût des accidents.A onze ans, il publie sa première photographie et devient l'assistant d'un photoreporter du journal La Prensa. On le surnomme "El nino". Il se faufile partout, se perche sur les épaules des pompiers pour prendre ses photos.Les films de gangsters américains le fascinent. Enfant, il allait au cinéma tout seul et se plantait au premier rang. "Je pense que c'est avant tout la photographie et la lumière de ces films qui m'ont influencé", explique Metinides dans son avant-propos.

"Il travaillait pour un tabloïd mais ses photos sont bien composées et parlent de survie et d'humanité", déclare à l'AFP Trisha Ziff, co-commissaire de l'exposition. "Cela leur donne de la classe", ajoute-t-elle.L'une des images les plus fortes est celle, en couleur, d'une journaliste mexicaine renversée par une voiture dans les rues de la capitale en 1979. Coiffée, maquillée, elle sortait d'un salon de beauté, raconte Metinides. Sa vie s'est arrêtée là. Les yeux grand ouverts tournés vers le ciel, le bras entourant un lampadaire, elle reste magnifique. Un léger filet de sang coule de sa bouche.

Le récit de Metinides rend parfois l'image encore plus terrible. Comme celle de la pendaison d'une femme à un grand arbre (1977). Cette mère séparée de sa fille avait demandé peu avant à un policier de lui indiquer où se trouvait l'arbre le plus ancien. C'est cet homme qui a retrouvé le corps et a raconté l'histoire à Metinides.Travaillant sur le vif, Metinides, qui a pourtant le vertige, prend des risques. "J'ai eu de nombreux accidents, 19 en tout (...) mais j'ai toujours réussi à prendre des photographies en pleine action", souligne-t-il.Parfois une lueur d'espoir brille dans cet océan de malheurs. Un petit garçon accidenté, hospitalisé depuis des semaines sans que l'on connaisse sa famille, a pu retrouver sa mère grâce à la publication de sa photographie dans La Prensa (1965). "C'est l'une des rares occasions où l'une de mes images a empêché une tragédie", relève Metinides.

Il a tout vu: accident de bus, de train, d'avion, de voitures, fusillades, assassinats, meurtres. Mais il se dit surtout fasciné par les badauds qui viennent au spectacle. "Un bel accident ça ameute les foules et c'est toujours une bonne chose pour les marchands de glace", dit-il avec humour.Metinides démissionne de son journal en 1997 lorsque celui-ci est revendu. Ces dernières années, son travail a été exposé dans plusieurs galeries notamment aux Etats-Unis et sa reconnaissance internationale va grandissant.

A Arles, son exposition, assortie d'un avertissement sur le fait que des images peuvent choquer la sensibilité du public, fait son effet.

"Oh, my God!", s'exclame une visiteuse avec un mouvement de recul devant une photo de crime. "Je ne peux pas regarder des trucs pareils. Je trouve ça atroce", lâche une femme devant une autre image.

(avec l'afp)

(Photos: Avec l'aimable autorisation de l'artiste. Copyright: Enrique Metinides)

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