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Marseille: " coups de gueule" des policiers devant la Préfecture

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Fabrice Hiller, secrétaire régional Paca du syndicat Unité GP Police FO
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Philippe Montella du syndicat Alliance, délégué sur la division centre Aubagne et La Ciotat
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De 12h à 14h, entre 600 et 700 policiers des Bouches-du-Rhône sont venus exprimer leur mécontentement mais aussi leurs "coups de gueule" face à la série de violences de cette semaine.
12h. Place de la Préfecture à Marseille. Entre 600 et 700 policiers, en provenance des quatre coins du département, sont venus manifester leur mécontentement suite à la vague de violences qui a sévi à Marseille et Vitrolles depuis le début de la semaine. Parmi eux, des policiers d'Arles, Martigues, Aubagne mais aussi d' autres commissariats du département. Pendant pas moins de 2 heures, ils ont manifesté  en civil,  afin de dénoncer "le manque de moyens de leurs effectifs" car, pour eux, "le système est devenu assez limite".

Et, en termes de système c'est celui de la RGPP ou Révision Générale des Politiques Publiques qui est notamment pointé du doigt. Celui-ci ferait "aujourd'hui baisser le nombre des fonctionnaires de police". Ainsi, les syndicats de police, comme celui de l'unité GP Police FO, demande "son arrêt pur et simple, au moins pour la police nationale, car la délinquance, elle, ne s'arrête pas".

Selon Fabrice Hiller, secrétaire régional PACA du syndicat Unité GP Police FO: "on a le sentiment que les faits se dégradent terriblement, la violence est de plus en plus haute, on a  même le sentiment à la limite qu'on ne passe pas une journée aujourd'hui sans kalachnikov".  En effet,  il affirme que lui et ses collègues "s'inquiètent notamment pour les fêtes de fin d'année". Ce qui manque aujourd'hui, "ce sont les effectifs, car lorsqu'ils auront la possibilité d'intervenir à plusieurs voitures, ils auront la possibilité de tenter des interventions beaucoup plus adéquates". Mais, face à des armes de guerre telles que la kalachnikov, finalement très démocratisée aujourd'hui, il avoue "être assez démuni"

Pour Philippe Montella du syndicat Alliance, délégué sur la division centre Aubagne et la Ciotat: "la profession est sous le choc, et le sentiment des collègues c'est effectivement de plus en plus de violence". Aujourd'hui, "les collègues rencontrent de plus en plus de difficultés sur le terrain pour intervenir, puisqu'on leur pose beaucoup de questions". En effet, "ses interventions se font rapidement et la pensée du policier, c'est de savoir s'il est dans son droit ou non". Et quelque part, il affirme "qu'ils ne se posaient pas ce type de questions avant".  De plus en plus donc, les fonctionnaires s'interrogent à savoir: " s'ils ont droit ou ils n'ont pas le droit". Ainsi, cela devient donc "une situation délicate puisqu'ils doivent intervenir face à des gens qui nous attendent pour nous tirer dessus".
D'ailleurs, cette situation aurait foncièrement changé par rapport à avant. Avant, lorsque les policiers prenaient quelqu'un, "ces gens là prenaient la fuite, tandis que maintenant ils savent que l' on a de moins en moins droit donc ils en profitent".   Conséquence, le fait de se poser énormément de questions sur le terrain, ne permettrait pas d'agir dans de bonnes conditions. Ce sentiment général se serait installé depuis une vingtaine d'années voire plus au sein des corps de police. Et, de plus en plus, le fonctionnaire de police n'aurait "plus les mains libres pour travailler correctement".

Enfin, selon un père de femme policier, il avoue que "sa fille à lui est flic et elle a peur d'aller faire son travail". Ce week-end "elle est de permanence, elle a peur d'être appelée quelque part et que ça tourne mal". Car, "il n' y a pas d'effectifs, de moyens, de bagnoles et il va quand même falloir qu'elle fasse son boulot". A l' heure actuelle, "elle ne se sent pas en sécurité alors que c'est elle qui a une arme". Un système donc où les rôles sont devenus "quasi-inversés", un système donc "qu'il faudrait repenser" . Autre point: le problème du contrôle des armes, "les services d'investigation étant chargés d'enquêter sur ces trafics d'armes auraient eux aussi besoin d'effectifs supplémentaires".  Dernier point: la circulation des armes "est un problème également de frontières, un problème européen", qui se joue donc à un autre niveau.








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