Publié le :
07/02/2012 à 12h06Par O.Ferrandino
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Philippe Carron, éducateur spécialisé au centre Germain Nouveau FERMER
Philippe Merkel, sans abri FERMER
Aline Grauvogel, directrice du CHS avenue Marcel Pagnol ET AUSSI
Depuis la semaine dernière la cité aixoise est passée en plan grand froid niveau 2. Conséquence:des places d'accueil supplémentaires ont été mises à disposition des sans abri dans divers centre sociaux.Un toit, de la nourriture et de la chaleur humaine. 11h30. Quartier du Jas de Bouffan. C'est l'un des quartiers aixois qui accueille un certain nombre de structures sociales telles que le CHS Henri Dunand, le pôle humanitaire ou encore le SAO. Ces toits de l'espoir permettent aux sans abris ou aux sans domicile fixe d'être hébergés, de créer du lien mais aussi de préserver un peu d'humanité au coeur de l'hiver.
Selon Philippe Carron, éducateur spécialisé au collectif Germain Nouveau situé au Pôle Humanitaire d'Aix-en-Provence (accueil de jour), "cela fait un mois que les températures ont bien baissé. Conséquence: nous sommes passés d'une moyenne de 30 repas par jour à plutôt 40 ou 45. Ils annonçaient -4 ce matin, mais en réalité il faisait -9. Par conséquent, nous allons ouvrir au moins jusqu'à 17h voire 18h histoire de faire une jonction maximale avec les autres dispositifs de nuit". Et, ces dispositifs de nuit ce sont l'auberge de jeunesse du Jas de Bouffan, le CHS Henri Dunand mais aussi celui de Polidori ainsi que celui de Rognes. A l'intérieur, se trouvent des gens en tente, en camion, en bidonville...Bref, des sans abri comme Jean-Claude Merkel qui viennent chercher un peu de chaleur: "ma femme est décédée depuis le mois de décembre et je me retrouve sans appartement ni rien. J'ai
dormi 4 jours dans ma voiture. Il faisait 8
ou 10 degrés. Et comme je n'avais plus d'argent,
j'étais obligé de passer au plan suivant. De ce fait, je viens ici le jour puis je suis obligée d'aller coucher au Samu social, à l'auberge de jeunesse, la nuit". Parmi eux, se trouvent aussi des salariés ou des retraités qui n'arrivent pas à finir le mois décemment. Selon Philippe Carron, "le froid, plus la crise c'est plutôt explosif! Surtout que le logement est de plus en plus cher et qu'il y en a de moins en moins. Concrètement, le froid ne rend que plus apparent quelque chose qui existait déjà depuis deux ou trois ans". Ici ce sont une centaine de personnes par jour qui foulent le sol du pôle humanitaire: "on a pas tellement plus de passages mais on a plus de gens qui restent".
Au CHS de l'avenue Marcel Pagnol, centre de nuit, deux places supplémentaires ont été créées sur les 43 déjà existantes. Selon Aline Grauvogel, directrice de cet établissement, "depuis que nous avons reçu un arrêté préfectoral qui nous demandait d'augmenter notre capacité d'accueil dans la mesure de nos possibilités, nous avons rajouté un lit dans une chambre pour femme qui était notamment constituée de deux personnes et puis dans un algeco nous avons également accueilli une personne supplémentaire. Donc nous avons monté nos effectifs à 45". Ici, les personnes arrivent soit par le biais du 115, soit du Samu social ou encore du SAO. C'est le cas notamment de Paola, sans abri, qui a passé une nuit dehors: je me suis retrouvée dehors et si je n'avais pas trouvé cet abri, je serai dehors avec le froid. Je voudrais pas y repasser deux fois. Je trouve de la chaleur ici et des gens qui sont humains. Tout ce que je demande c'est de pouvoir trouver du travail. Je suis motivée pour ça et trouver un logement pour pouvoir accueillir mes enfants".
Enfin, dans le cas de très grand froid, la salle Voltaire est également ouverte en centre-ville. Puis, l'équipe du Samu Social fait également des tournées de nuit afin de détecter les personnes en détresse afin de leur trouver une place sous l'un des toits de l'espoir au moins pour une nuit.
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