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Cancer : du malade passif au patient acteur

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Le professeur Viens résume le projet quinquennal de l'IPC
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Pascale Flamant d'Unicancer détaille le concept de patient acteur
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Pour Philippe Michard, la baisse des subsides a obligé à repenser les fonctionnements
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A l'occasion d'un changement du logo, la direction de l'institut Paoli Calmettes (IPC), l'un des plus grands centres français de lutte contre le cancer, en a profité pour dévoiler à la presse son projet stratégique pour les cinq ans à venir.

Unicancer
L'IPC est membre d'Unicancer, une fédération hospitalière qui regroupe l'ensemble des 20 centres de lutte contre le cancer répartis sur le territoire national.
Pour marquer clairement cette appartenance, l'institut Paoli-Calmettes fait désormais figurer le nom d'Unicancer Marseille sur son propre logo. L'objectif étant de rappeler que le travail de l'IPC s'inscrit plus largement dans ce réseau de partage d'expériences et de projets, d'outils et de bonnes pratiques (ce qui, sur ce dernier point, se traduit notamment par l'exclusion de tout dépassement d'honoraires dans ces centres) et, avec pour valeur première, l'humanisme.

« Passer du temps médecin au temps patient » (Pr Patrice Viens, directeur général de l'IPC)
Ce changement de logo offre l'occasion de tirer un bilan des dernières années d'activité de l'institut avec un constat révélateur d'une évolution majeure : en 2017, et pour la première fois, l'établissement marseillais a recensé plus de patients en ambulatoire que de patients hospitalisés, et, c'est essentiel, sans que le malade ne soit perdant, bien au contraire, du point de vue de la qualité des soins. Plus généralement, on observe un raccourcissement des séjours hospitaliers, il devient ainsi courant de voir une personne rentrer chez elle le lendemain ou surlendemain d'une intervention chirurgicale, ou un malade prendre sa chimiothérapie avec un suivi médical « hors les murs »
Conséquence évidente, un désengorgement des lits de l'établissement désormais réservés aux cas les plus lourds. 
En contrepartie, il a fallu repenser le parcours des soins, réorganiser les espaces de l'hôpital. Et aussi, en conséquence, créer, grâce aux outils numériques, un lien constant - hors de l'établissement - entre l'équipe soignante et le malade afin que ce dernier ne se sente ni isolé, ni abandonné.
 D'où la création d'un portail informatique qui lui permettra, en cas de besoin et de chez lui, d'alerter le corps médical sur les améliorations ou aggravations de son état, mais aussi d'accéder à son dossier en ligne quand il le souhaite, soldant ainsi cette époque où le patient était maintenu dans l'ignorance – ou informé - en fonction du bon vouloir du corps médical. 
Et, pour intégrer la présence humaine dans ce dispositif, on projette la mise en place, en partenariat avec l'IPC, de relais extérieurs comme le médecin traitant (lequel, avec l'accord du patient, pourra également avoir accès aux informations confidentielles postées sur le portail), le pharmacien, et/ou l'infirmière etc...

Collaborations régionales
L'Institut Paoli-Calmettes travaille de concert avec une vingtaine d'établissements de la région Sud et Corse dont l'hôpital de Martigues où, chaque semaine, un chirurgien de l'IPC vient pour opérer des femmes touchées par un cancer du sein. A l'inverse, l'institut peut faire profiter de son plateau technique des praticiens extérieurs qui accompagnent leur patient.

Projets immobiliers
L'institut, c'est aussi pour les cinq années à venir 100 millions d'investissements (45% affectés aux travaux, 40 à l'équipement et 15 dans le numérique-informatique)

Un grand chantier : la construction d'IPC4, bâtiment dédié à l’hématologie et qui exige des chambres hermétiques approvisionnées en eau et air purs. 80 lits dont 60 avec une qualité d'air ISO 7, c'est à dire celle des blocs opératoires. IPC4 sera destiné au traitement des leucémies aiguës et des greffes de moëlle.

Autre projet immobilier, initié cette fois par l'Inserm (le prestigieux institut national de la santé et de la recherche médicale) - mais sur un terrain mis à disposition par Paoli-Calmettes : la création du plus grand centre de recherche en France consacré au cancer du pancréas, un cancer aux causes mystérieuses, très agressif et aux conséquences souvent dramatiques. Les travaux devraient démarrer fin 2018 et la structure être opérationnelle début 2021.

Du matériel de haute technologie
A rappeler aussi, l'acquisition récente par l'institut Paoli-Calmettes d'un outil de pointe, un appareil de radiothérapie révolutionnaire avec IRM embarqué. Baptisée MRDian-Linac, la machine permet désormais, grâce à l'imagerie par résonance magnétique, de visionner en direct la tumeur quand le patient est sur la table d'opération et non plus en différé, de visualiser précisément la position de la tumeur et celle des organes sains dits « à risques » qui l'entourent. Et d'être potentiellement moins toxique puisque, contrairement au scanner, il n'y a pas d'irradiation et donc pas de durée limite d'exposition comme c'est le cas à chaque utilisation de rayons X.
La machine a coûté 8,2 millions d'euros, une dizaine au total avec les aménagements (dont 1 million du département, un de la Métropole, un de la ville de Marseille, la région PACA et l'ARS ayant donné chacune 275 000 euros. Le reste, autour de 6 millions et demi, étant pris en charge par l'institut.)
Elle sera installée le 15 juin et acccueillera le 1er octobre son premier patient, le tout premier en France puisqu'il n'existe pour l'instant que trois autres appareils de ce type dans le monde, deux aux Etats-Unis, un en Allemagne.

L'IPC en chiffres
L'institut Paoli-Calmettes Unicancer Marseille, dont les origines lointaines remontent aux années 20, rassemble 1580 chercheurs, personnels médicaux et non médicaux (dont 197 médecins salariés). Il accueille 10 000 nouveaux patients par an. Il est le troisième centre de recherche contre le cancer sur le plan national.

En vidéo, les interviews du professeur Patrice Viens, directeur général de l'IPC, de Pascale Flamant, déléguée générale d'Unicancer et de Philippe Michard, secrétaire général de l'IPC

(Interviews : Michel Montagne / Maritima Medias)

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