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Arkema. Les salariés en grève contre la reprise par Klesh

Après un comité central d'entreprise houleux en décembre, le chimiste Arkema devait détailler hier aux syndicats la cession de ses activités vinyliques au groupe Klesch, sur fond de grèves.
Tous les sites d'Arkema transférés au financier américain basé à Genève étaient touchés par une grève, les 1.780 salariés concernés en France (850 à l'étranger) ayant été appelés à la grève dès mercredi, et tous ceux du groupe jeudi, par la CGT, FO et la CFDT selon les sites, pour dénoncer le profil de Gary Klesch, "qui n'a rien pour rassurer".

Tous les salariés et les actifs seront transférés, assure-t-on à Arkema, mais les syndicats craignent pour l'emploi. "C'est de l'homme dont on a peur, pas du projet", commente Grégory Benedetti, délégué syndical FO.

Les sites de la région lyonnaise (Balan, Saint-Fons et Jarrie) et du Sud-Est (Fos, Lavera et Saint-Auban) étaient en grève, et certaines des unités à l'arrêt, a indiqué la direction.

Le site de Saint-Auban (Alpes-de-Haute-Provence), dont seule la partie production de PVC doit être cédée à Klesch, est ainsi à l'arrêt. Les accès à l'usine ont été bloqués dans la matinée, avec un feu de palettes et de pneus. Entre 50 à 60 personnes étaient rassemblées devant le site avant de manifester à Dignes, a indiqué à l'AFP le DRH Dominique Loiseau.

Le président du Conseil général, Jean-Louis Bianco (PS), a demandé au gouvernement d'exiger "des garanties pour le maintien des emplois et des activités".

Selon M. Bianco, "le groupe Klesch s'est déjà illustré dans le rachat d'entreprises dont il a licencié les salariés".

Un rassemblement de 150 à 200 personnes, selon la CGT, s'est par ailleurs tenu devant la préfecture du Rhône et une délégation a remis au préfet de région une lettre pour le ministre de l'Industrie, Eric Besson.

C'est à Lyon que se trouvera le futur siège de la société "Amarante", qui chapeautera le pôle vinylique. Cette société sera contrôlée depuis Malte, où Klesch a créé une holding dans la chimie - détenue depuis Jersey - juste avant que la cession du PVC Arkema ne soit annoncée.

Jeudi, la direction du premier chimiste français a convoqué à nouveau au siège dans les Hauts-de-Seine les représentants syndicaux pour "répondre à leurs questions", notamment sur la situation financière de Klesch, spécialisé dans l'industrie et les matières premières et décrit par les syndicats comme "un vautour" venu "siphonner la trésorerie". Le précédent CCE en décembre avait été suspendu après que les salariés eurent laissé exploser leur colère.

"Il y a des choses douteuses sur lesquelles on a de grosses inquiétudes, notamment des comptes à Malte", dit Wilfried Monner, délégué CFDT.

La cession des activités PVC, déficitaires par rapport aux autres pôles du groupe (chimie industrielle et produits de performance), se fera pour "zéro" euro et "sans aucune restructuration de l'outil industriel", assure Arkema.

Elle coûtera même de l'argent à Arkema, puisque le groupe, ancienne branche chimie de Total, va apporter "une contribution en cash d'environ 100 millions d'euros pour couvrir un certain nombre de charges courantes", alléger "un certain nombre de passifs sociaux et environnementaux" et ne transférer aucune dette dans cette nouvelle entité, dont le bilan est jugé "très solide", avait expliqué en novembre le PDG, Thierry Le Hénaff.

Les activités de PVC concernent dix sites en France : six de fabrication de soude, chlore et PVC, et quatre sites chargés de retraiter cette matière pour en faire des produits manufacturés (tubes en PVC par exemple).

L'entité de PVC concerne par ailleurs huit sites en Europe, trois en Asie et un au Mexique.

AFP
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