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Caïd, une projection pas comme les autres

Le multiplexe Le Palace a projeté sur grand écran Caïd co-réalisé par Nicolas Lopez et Ange Basterga. Un film petit budget mais aux grandes aspirations qui a séduit l'ensemble du publicCaïd c'est le film du moment. Petit budget, équipe de tournage réduite... Mais le résultat est à la hauteur des espérances des deux réalisateurs, les cinéastes Ange Basterga et Nicolas Lopez. Un an de travail préparatoire, 70 000 euros de budget, 4 jours de tournage, 5 techniciens,70 acteurs amateurs, et la cité martégale de Canto-Perdrix comme décors. Le long métrage a été projeté, jeudi soir, dans la plus grande salle du multiplexe le Palace, à Martigues : « C'est une expérience très éprouvante puisqu'on a réalisé ce tournage en quatre jours, explique Ange Basterga. Mais, c'est une aventure humaine exceptionnelle car c'est l'anti cliché de ce l'on peut voir dans les cités, de tout ce qui se raconte. Le tournage s'est très bien passé. On est tombé sur des jeunes formidables, pleins d'énergie, qui avaient la soif de faire du cinéma et c'est grâce à eux que l'on a pu réaliser ce film. »

Cette fiction aborde, caméra à l'épaule, le parcours du jeune Tony, rappeur à ses heures, rêvant de vivre de cette passion et qui, en attendant la gloire, deale du shit dans un quartier chaud de Marseille. Il accepte, à la manière d'un autre ovni cinématographique (belge celui-là) C'est arrivé près de chez vous de Rémy Belvaux, d'être suivi par une équipe de journalistes pendant 5 jours, 24 h sur 24, pour partager son quotidien. L'autre référence perçue par les spectateurs c'est le film de Mathieu Kassovitz, La haine qui, 20 ans plus tôt, a abordé le thème des banlieues ghetto. L'esprit, il est vrai, est un peu le même. Les problématiques abordées, quant à elles, sont identiques : la politique de l’État dans les quartiers, le chômage, les inégalités, les discriminations et autres délits de faciès. Si l'œuvre place au centre de son intrigue le jeune Tony (un surnom qu'il s'est octroyé rapport à Tony Montana dans Scarface ), dealer de son état, chef de bande et rappeur rêveur, elle aborde aussi la vie dans les cités avec ses faiblesses et ses richesses à l'image du personnage de Ahmed incarné par Jafar Moughanim qui interprète un éducateur de quartier : « J'ai dû bien sûr m'inspirer du scénario mais j'ai aussi puisé dans ce que je vis dans le cadre de mon travail car je suis moi-même éducateur, et je croise ces parcours de vie. » Le film a su aussi mettre en valeur de jeunes talents issus, pour certains, de ces quartiers que l'on dit sensibles. Mohamed Boudouh incarne « le méchant de l'histoire » comme il dit. Une belle gueule de cinéma qui s'est investi dans cette aventure : « J'ai grandi dans un quartier difficile, ça n'a pas été trop dur pour moi de jouer le méchant, dit-il en plaisantant. Cette première expérience au cinéma m'a beaucoup plu. J'aimerais continuer. Mais je ne veux pas être spécialisé dans les rôles de méchants. Je veux toucher à tout. »

Caïd rivalise avec les grosses productions. Le film s'est vu décerner, en octobre dernier, le grand prix du festival de Cognac face à des œuvres comme celle du cinéaste Olivier Marchal, intitulée Carbone : « On y croyait pas trop, reprend Mohamed Boudouh. On était déjà très heureux d'être présent sur ce festival. A la fin du film, le public s'est levé pour applaudir. Beaucoup de gens nous ont dit que Caïd était un film coup de cœur pour eux. »
Reste aux deux réalisateurs Ange Basterga et Nicolas Lopez de trouver un producteur qui saura, on l'espère, faire connaître le film à un plus large public. Ils l'ont annoncé après la projection, lors d'un échange avec les spectateurs, ils travaillent sur un nouveau long métrage. A suivre...
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